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Mots et mets
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Mots et mets
3 décembre 2009

Croquis à croquer!

Petites chroniques ordinaires...!

Billets d'humeur et d'humour, cueillis au jour le jour...

Chers vous tous,

Aujourd'hui je commence une nouvelle chronique! Je m'étais pourtant promis, voilà une grosse année, quand ce blog a commencé, de ne parler que cuisine et littérature... et voilà que le temps a passé, que petit à petit des liens se sont créés via le net avec certains d'entre vous, que j'aime aller vous lire et que je sais que certains reviennent régulièrement, ce qui me cause toujours un immense plaisir! Alors me vient parfois l'envie de partager un peu plus avec vous, quelques petits bonheurs croisés çà et là, des grosses colères parfois (le moins possible!), des étonnements et des grands émerveillements, glanés, par ci, par là au fil des jours et des saisons...

Et pour commencer aujourd'hui, un coup d'humeur (mon Chéri peut témoigner!) sur un sujet bien actuel... la vaccination anti-grippe A!!

Loin de moi l'idée de toute polémique sur "se faire vacciner ou pas", je laisse à d'autres le soin de le faire, là n'est pas mon propos, et j'estime que chacun est capable de se faire sa propre opinion en fonction de sa santé, son désir, son vécu, son médecin, etc...! Allons donc au but:

Chronique ordinaire d'une mère de famille décidée à faire vacciner ses enfants!

Etape 1: Voilà une dizaine de jours, étant asthmatique sévère, je reçois mon petit bon pour aller me faire vacciner... A cette époque-là, les médias parlent chaque jour de centres déserts et de médecins sous-employés... Sereine et détendue, je me rends donc tranquillement vers le centre qui m'a été attribué... et qui n'existe pas! Toujours motivée quand même, je repars direction le 2ème centre noté sur ma feuille de route! Là, un couloir rempli de monde, des gens qui attendent depuis déjà 2h, des "prioritaires" qui passent devant tout le monde, des gens qui se battent pour des histoires d'ordre de passage! Un grand moment de folklore! 4h d'attente, mais, ouf!, je suis la dernière à passer! (Entre temps, il a fallu que j'appelle les grands-parents pour récupérer les enfants à l'école (pas question de perdre mon tour, merci les Parents!). Me voilà donc vaccinée... et nous commençons à réfléchir en couple à la vaccination de nos enfants.

Etape 2: Nous sommes décidés à faire vacciner les deux "grands", mais nous n'avons toujours pas reçu les bons... Coup de fil à la sécu pour savoir ce qui se passe; réponse: "Mais c'est à vous de venir les chercher!" J'ai un peu autre chose à faire (la Poste eût tout de même été plus pratique!) mais, pleine de bonne volonté, mercredi, j'accompagne Poussinette à la danse et j'arrive naïvement à la sécurité sociale... Là, 35 personnes font la queue devant l'unique et solitaire guichet... Toujours optimiste, je me dis qu'il s'agit peut-être d'un groupe solidaire venu accompagner une personne au guichet (!), mais quelques minutes d'attente me font comprendre que, non, chaque personne est bien toute seule!! Une heure, donc, d'attente, qui voit défiler une petite dizaine de personnes: tiens, la danse de Poussinette est finie, j'ai perdu ma matinée et n'ai toujours pas mon papier!

Etape 3: En Maman vraiment super motivée, j'avance le réveil ce matin, saute du lit (brrr! Il fait froid!), habille les enfants en un tour de main et pars dans la nuit et sous la pluie (quel courage!!) pour être à 7h20 à la sécu, histoire d'être la première!!! Oui, hourra, je suis la première!... Mais je suis tellement la première, que l'ordinateur non plus ne s'est pas encore levé... et refuse de marcher et d'éditer les papiers (je vous jure que cela n'est pas une blague!...) Le "Monsieur-de-la-sécu" que j'ai face à moi m'invite à revenir plus tard, quand l'appareil voudra bien mettre de la bonne volonté... Je me mets rarement en colère... mais j'avoue être un peu sortie de mes gonds!... N'y a-t-il pas moyen de le réparer votre f.... engin? N'y a-t-il pas d'autre ordinateur dans cette maison? Et bien, non! Cela ne relève pas de sa compétence de réparer son logiciel, donc il faudra revenir! Je rêve que moi aussi, un matin, mon manuel de français refuse de s'ouvrir et que je puisse dire aux élèves: "Je suis désolée, le manuel ne s'ouvre pas, revenez demain"!!...

Etape 4: J'arrive enfin à avoir mon bon: yes!!! A midi, je fonce chercher les enfants à l'école. Sanglots de Poussinette: "Je ne veux pas de piqûre"!! J'explique patiemment que cette piqûre ne fait même pas mal, enfin presque pas, et que surtout après on n'aura pas "la vilaine grippe qui fatigue tant"! Petit Bonhomme dit que lui, il n'aura même pas mal et que même il aime beaucoup les piqûres! (euh...) Sandwiches dans la voiture; Nous fonçons au centre le plus proche qui nous a été attribué, c'est à dire à 1/2h en voiture (vive les grandes villes et les embouteillages!). Impossible de se garer... Ouf, une place! C'est à 10 min à pied, sous la pluie battante! Les enfants sont trempés, Petit Bonhomme saute dans une flaque et asperge Poussinette qui hurle, j'essaie d'abriter tant bien que mal Choupinette dans sa poussette, qui, en bonne marseillaise, n'apprécie que modérément la pluie et commence à avoir faim! "Courage, les enfants, distribution de Choupa Chup's à la sortie!". On arrive enfin devant le centre... petit panneau accroché: "Le centre de vaccination sera exceptionnellement fermé aujourd'hui"! Aaaargh!! je frôle l'arrêt cardiaque!

Etape 5: Je  vous assure je suis VRAIMENT une maman super motivée!!! J'appelle mon Chéri qui m'indique un autre centre qui ouvre à 14h... Retour à la voiture, on s'essuie comme on peut, chauffage à fond, et c'est reparti pour traverser la ville dans l'autre sens!! Poussinette pleure toujours: "Je veux la piqûre! je ne veux pas "la-vilaine-grippe-qui-fatigue-beaucoup" (j'ai bien fait de parler, moi encore!), Petit bonhomme se veut toujours aussi rassurant "Même pas peur moi de la grippe!", et Choupinette suce son pouce frénétiquement en attente d'un hypothétique repas!

Etape 6: Nous arrivons à l'autre centre de vaccination... Re-parking, re-poussette, re-marche... et 75 personnes devant nous qui font la queue sur le trottoir!!! Je prends des renseignements: il n'y a qu'un médecin, des "prioritaires" sont en train de passer d'abord (et moi, je ne suis pas prioritaire, avec mes trois gosses, ma motiviation d'enfer qui est en train de fondre comme neige au soleil (!) et ma course poursuite à travers la ville et la bureaucratie française?!!) et la pluie qui continue à tomber et va finir par donner un rhume de folie à mes loupiots si je reste ici...

Etape 7: Cette fois, c'est bel et bien la fin de l'aventure! je fais demi-tour, sans vaccin...  Retour à la maison, distribution de Chupa Chup's quand même, parce qu'ils ont été vraiment sympas de passer 2h en voiture ou sous la pluie sans rien (trop) dire... Un bon petit repas pour Choupinette qui n'en croit pas ses yeux... et tout le monde à la sieste,... et Maman sur "Mots et Mets"!!

Le mot de la fin pour Petit Bonhomme, mon poète philosophe, en rentrant à la maison: "Quand même, ces gens-là, ils font pas des choses terribles pour l'organisation, hein, Maman?"... Il a trois ans....

Bien à vous!

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6 octobre 2008

La madeleine - Marcel Proust

Evidemment, après avoir cuisiné des madeleines, vous ne pensiez tout de même pas éviter un peu de Proust?! Si, si, je vous assure, une fois que l'on est entré dans le méandre de sa pensée et de ses longues phrases, on ne peut plus s'en détacher! Ce texte est archi-connu... mais il décrit merveilleusement bien un phénomène que tout homme expérimente un jour: les territoires cachés de la mémoire! (Et ce texte me touche d'autant plus qu'ici, c'est un simple gâteau "court et dodu" qui va mettre en branle tout l'édifice du souvenir!... Le goût comme révélateur du passé enfui, c'est beau, non?).

"Il y avait bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle? Que signifiait-elle? Où l’appréhender? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi. Il l’y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l’heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C’est à lui de trouver la vérité; Mais comment? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher? pas seulement: créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière.(...)

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir."

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

22 novembre 2015

Résister...

Petite chronique ordinaire d'une période qui ne l'est guère...

Il paraît que je suis une résistante... J'ai entendu ça hier matin sur France Inter: une semaine après les attentats, les français entrent en résistance et vont au théâtre. Ainsi, une sortie qui, quelques jours auparavant passait pour du simple divertissement, une soirée de détente, un bonheur littéraire, devient acte de résistance! Le monde marche donc bien à l'envers... C'est vrai, impossible de ne pas y penser au moment de se préparer pour sortir et d'embrasser les enfants en partant, impossible de ne pas y penser en marchant dans la rue et en entrant dans le joli théâtre du Jeu de Paume, impossible de ne pas y penser, bien sûr, devant "Le conte d'hiver" de Skakespeare, histoire d'un homme qui est envahi par la folie au point de tuer ses proches aveuglément (toute ressemblance avec l'actualité...). Et devant cet homme qui se repent,  qui souffre au point de réussir à redonner vie à ses victimes, on se prend à rêver que la vie puisse devenir théâtre... Impossible de ne pas y penser aussi devant les paroles, fortes et bouleversantes de Philippe Car, le metteur en scène, debout avec le public, uni et traversé par le souffle de l'émotion...

Bien sûr, impossible de sortir "comme avant"... Mais de là à me voir comme une résistante, non! Les mots ont leur force qu'il faut leur garder, et s'en travestir les affaiblit, tout comme la réalité qu'ils dépeignent. Non, je ne suis pas une résistante, j'essaie juste de continuer à vivre, librement...

12 septembre 2017

Lectures d'automne...

Je ne connais d'endroit plus frustrant qu'une bibliothèque... On va, on erre, on hume, on feuillette, on hésite, on pose, on reprend, le regard glisse vers l'étagère suivante et la frénésie reprend... Toutes ces pages qui attendent d'être lues, tous ces livres qui nous tendent les bras... Car enfin il nous faut bien faire un choix et si on sait qu'on reviendra, la semaine suivante,  l'impossibilité de tout saisir nous  conduit à l'inéluctable brièveté de la  vie humaine... 

Alors voici quelques-uns de ces derniers choix de lecture!

 

La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

Le roman retrace la trajectoire de la gymnaste Nadia Comaneci, depuis les JO de 1976 à Montréal, où elle a été consacrée plus jeune championne de tous les temps, jusqu'à son arrivée et installation aux Etats-Unis en 1989. En parallèle, le livre parle de la Roumanie et des années de communisme, en alternant récit, réflexions et entretiens avec Nadia au fur et à mesure de l'écriture du roman. Un texte très fort.

"Elle congédie l'enfance et réécrit l'espace de ses mains effilées, passe comme un fil de soie et dessine du pied un grand soleil renversé, l'envoûtement s'invite au travers de leurs flashs, elle sera l'intouchable." (p.187)

Trois fois dès l'aube  de A. Baricco

Trois nouvelles se suivent et s'entrelacent avec comme point commun de se dérouler à l'aube. Dans la première nouvelle un homme et une femme dans un hall d'hôtel: que font-ils là? Où leur discussion peut-elle les mener? Dans la deuxième, un portier d'hôtel aide une jeune femme à échapper à la violence de son compagnon. Les confidences commencent, étonnantes. Enfin, dans la dernière, un enfant, témoin de l'incendie de la maison familiale, est recueilli par une inspectrice de police qui l'emmène en voiture, mais vers où? De son écriture ciselée et précise, Baricco crée des mini-univers,  des éclaircies dans des histoires qui semblent continuer sans nous.

" Alors la femme se tourna vers lui et vit ce visage qu'elle avait vu tant de fois, les dents de travers, les yeux clairs, les lèvres d'enfant, ces cheveux ébouriffés. Elle mit un peu de temps avant de dire quelque chose. Elle pensait à la mystérieuse permanence de l'amour, dans le tourbillon incessant de la vie." (p.121)

L'arbre du pays Toraja  de Philippe Claudel

A la suite du décès de son meilleur ami, Philippe Claudel nous livre ses réflexions et pensées sur la vie, la mort, l'amitié, l'amour. Se mêle à ces considérations, le récit de sa vie sentimentale, entre son ex-femme et une énigmatique jeune fille qu'il regarde par la fenêtre. Pas mon roman préféré de cet auteur, mais Claudel est décidément un de nos très grands!

"Parfois on écrit dans son cerveau mieux que nulle part ailleurs." (p.13)

" La littérature est un cabri que ne retient aucun licol. Elle peut tout et c'est le plus libre des arts." (p.28)

5,90 euros de F. Beigbeder

La vie sexuelle et sentimentale d'un publicitaire reconnu; ses frasques, son degoût de lui-même et la vie qui continue quand même. Je ne peux pas dire avoir été emballée par le roman, assez répétitif, mais en revanche sa réflexion sur la publicité et son univers est passionnante.

"  Le marketing est une perversion de la démocratie." (p.40)

5 décembre 2017

Adieu Monsieur d'Ormesson!

Petite chronique ordinaire autour du départ d'un grand Monsieur...

L'Immortel n'était pas éternel...


Ainsi vous voilà parti, monsieur d'Ormesson, sans vraiment avoir eu le temps de nous dire " au revoir et merci"! On sait que les gens ne sont pas éternels et qu'ils passent, comme passe " Le vent du soir"... Mais à force de vous voir sur les plateaux de télévision, l'œil pétillant, répéter que "L'amour est un plaisir", on vous pensait là pour toujours, et "C'était bien". J'ai lu vos romans, votre écriture est belle, limpide, parfois trop classique peut être? Et on pourra toujours s'y replonger avec plaisir, comme une "Conversation", un tête à tête avec vous... Mais ce qui me manquera le plus, c'est une manière d'être au monde que vous aviez, et qui n'appartenait qu'à vous, cet art du "Presque rien sur presque tout" dans la conversation, cette culture immense qui m'impressionnait chaque fois que je vous écoutais, cette élocution précise aux mots choisis, ces vers, ces phrases que vous pouviez citer aisément, et toujours à propos. Bien sûr, on a beaucoup parlé de votre côté trop cabotin, de votre image de grande famille égarée en ce siècle, on a répété que, comme Casimir, vous avez mené "La grande vie", et que vous étiez à côté de la vraie vie. Je crois au contraire que vous étiez dedans, pleinement, donnant au monde ce qu'il peut avoir de meilleur: la connaissance des mots des autres... Longtemps je regretterai de ne jamais vous avoir croisé... Et je me dis, vous réalisant parti, que " C'est une chose étrange, à la fin, que le monde"..

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17 février 2020

Lectures

Voilà tellement longtemps que je ne suis plus venue publier ici... Et pourtant, ce n'est pas l'envie qui m'en manque, mais bien le temps, ce maudit temps qui toujours file plus vite, encore plus vite, sans jamais me laisser de répit, ni même la possibilité de faire tout ce que je voudrais, tout ce dont je rêverais... Et pourtant, je continue à cuisiner, toujours!, et les recettes s'empilent, attendant avec confiance un jour où je retrouvererais... du temps! Alors, pour me faire pardonner, voici quelques-unes de mes dernières lectures que je suis heureuse de partager avec vous!

L'étrangère de Valérie Toranian

La vieille Aravni raconte, avec douleur, son histoire à sa petite-fille, Valérie. Son enfance heureuse en Arménie, et puis, brusquement, le chaos: le génocide qui débute, subitement, dans la violence et le sang. L'incrédulité de ceux qui se croyaient en sûreté, qui n'imaginaient jamais que l'horreur pourrait arriver. Elle raconte la fuite, les convois, les morts qui s'accumulent autour d'elle jusqu'à l'indicible tant la folie des hommes est grande... En parallèle, nous suivons sa vie d'étrangère en France, perpétuellement tiraillée entre deux mondes, l'impossibilité de trouver sa place et la tragédie de se sentir "étrangère" pour toujours. Un roman bouleversant dont on ne sort pas indemne.

"Aravni baisse la tête et fixe la bas de sa robe crasseuse. Elle entend ls voix échauffées des hommes qui marchent vers leur charette. (...) Tu ne les regardes jamais. Tu prends un air abruti, tu dois ressembler à un animal." (p.55)

Ce qu'en dit James de Dominique Schneidre

La narratrice, septuagénaire, originale et cultivée, vit dans une vieille maison remplie de livres et dialogue avec les auteurs comme s'ils étaient encore vivants. Un jour, il lui faut à tout prix trouver de l'argent pour réparer le toit de sa maison. Seule, elle se tourne vers ses chers auteurs pour trouver la solution à ses problèmes... et c'est une idée bien farfelue qui sortira de ces échanges!

Une écriture vive et amusante qui traite de manière légère la relation avec et entre les écrivains.

"Ma généreuse Geneviève croyait probablement que je fais ce que je veux chez moi. Or James éteint la télévision dès que j'ai le dos tourné, car le bruit l'indispose. Proust ouvre les fenêtres si quelqu'un fume, puis les referme pour éviter les courants d'air. (...) Seul Tchékhov se propose de donner un coup de main quand il s'agit de planter des arbres."

L'arbre du paradis de Ellis Peters

Au 13ème siècle, Harry Talvace, jeune noble, s'enfuit du château familial avec son compagnon Adam. Leur chemin est parsemé d'embûches. Il découvrira, au long de sa quête, sa passion de bâtisseur, sa future épouse, mais aussi et surtout le terible et puissant seigneur de Talvace auquel il va irrémédiablement lier sa vie par un terrible pacte...

Un roman historique passionnant, envoûtant, en trois tomes. Les presque mille pages se dévorent d'une traite et l'épaisseur psychologique des personnages finement dessinés par Ellis Peters nous tient en haleine jusqu'au bout.

"En es-tu sûr? souffla Isambard. Où sommes-nous, toi et moi, depuis le premier jour, sinon sur un champ de bataille? Lorsque tu m'as invité à ce qui était bien plus qu'un jeu, crois-tu que je n'ai pas compris qu'il s'agissait d'un défi à mort?" (p.731)

Photo-photo de Marie Nimier

A partir d'une séance photos d'écrivains pour Karl Lagerfeld, la naratrice raconte la suite d'évènements, petits et grands, qui se sont enchaînés: la rencontre avec Huguette Malo, vieille femme improbable à la recherche de chaussures vert tilleul, un chat récurrent, un voyage à Baden-Baden... Tout cela parsemé de réflexions sur l'art du roman et sa construction, mise en abyme dûment menée ici.

Ce n'est pas un roman inoubliable, mais on passe un bon moment et Marie Nimier manie une plume pleine de verve et d'ironie fort plaisante.

"Le soleil me réchauffait les épaules. J'étais là, place Dauphine, au 5ème étage d'une chambre aux cloisons de papier, ce corps qui me tenait debout vacillant  d'un pied sur l'autre, non, il ne vacillait pas, ni ne tanguait, j'étais sûre que le mouvement était imperceptible, mais moi, à l'intérieur, je le percevais comme un balancier, une marche intime, quelque chose qui avançait". (p.221)

Je vous souhaite de très belles lectures!

29 juillet 2018

Petite chronique ordinaire de celle qui s'est fait voler son sac

Petite chronique ordinaire de celle qui s'est fait voler son sac dans la journée...

Un petit mot pour toi, ce soir, toi le gars qui m'as chouravé mon sac à main aujourd'hui... ok, on avait fait la bêtise de laisser la porte ouverte, mais il fait tellement chaud sur un chantier avec 40 degrés dehors... Tu n'étais pas obligé d'entrer et de te servir, comme ça, comme... un voleur! Si tu avais besoin d'argent, mon gars, t'aurais pu nous demander. On n'a pas l'habitude de refuser à ceux qui nous demandent... on aurait pu parler, même, tu nous aurais raconté ta vie, j'imagine qu'elle ne doit pas être très folichonne pour vivre ainsi. Tu sais, mon sac, c'est pas franchement de la grande marque, et il était pas mal usé. Je ne sais pas trop ce que tu en tireras. Moi, il me rappelait un cadeau, fait avec amour. À l'intérieur, un portefeuille, quelques billets, jamais grand chose sur moi... Je suis mal à l'aise que tu aies ma trombine en photo sur ma carte d'identité, d'autant plus que j'en suis réduite à t'imaginer, moi, car évidemment tu as su ne pas te faire voir... Je me demande ce que tu vas faire de la carte de cantine... Ce serait marrant de te voir débarquer un jour au collège... Pour mes ( nombreuses) cartes de fidélité, n'hésite pas à t'en servir, qu'elles puissent au moins me rapporter des points, pourquoi pas même des bons d'achat, je pense que tu me dois bien ça, non? Pour mon pass éducation, tu as de bonnes réductions dans les musées. Je pensais m'en servir bientôt pour l'expo Nicolas de Staël à Aix... N'hésite pas à en profiter pour aller au musée, toi aussi. J'aimerais que tu sois touché par la grâce de l'art. C'est des grands mots, tout ça, je sais, et t'en as probablement rien à faire, mais peut être que si on t'avait mené au musée enfant... Ma carte bleue, bon, désolée mon p'tit gars, mais j'ai fait opposition avant que tu n'aies eu le temps de t'en servir... Tous mes papiers officiels, j'espère que tu auras la décence de ne pas t'en servir... Tu sais que t'abuses, quand même, Bonhomme, parce qu'à une semaine de mon déménagement, j'avais vraiment autre chose à faire que passer l'aprem au commissariat et j'imagine même pas le temps à venir pour tout refaire. Et puis, à tant qu'à faire d'entrer chez nous, t'aurais pu casser une vitre, histoire que l'assurance nous aide un peu... Ce soir, j'ai le coeur gros, tu vois... Je me répète que ce n'est que du matériel, que l'essentiel n'est pas là, mais si tu veux le fond de ma pensée ( dont tu n'as probablement rien à f...), ce soir je suis quand même bien en colère contre toi. Alors je t'écris ces quelques mots pour te rendre plus humain, pour me dire que ces quelques sous volés, ce n'est pas pour du chite, ni pour te saouler jusqu'au bout de la nuit pour oublier, mais parce que tu as une famille à nourrir, des enfants que tu ne sais pas comment habiller... et je les imagine, et je m'apaise... Bonne route, mon gars, mais je t'en prie, frappe à la porte, la prochaine fois!

26 juin 2018

Lectures toujours!

Quelques idées de lectures pour accompagner les belles journées ensoleillées qui s'ouvrent à nous...

L'élégance du hérisson de Muriel Barbery

Les récits parallèles de Renée, concierge surdouée - mais qui le cache! - dans un immeuble habité par la grande bourgeoisie parisienne, et de Paloma, jeune adolescente, fille d'un ancien ministre, qui habite dans le même immeuble. On voit se croiser différents personnages et notamment le nouveau propriétaire de l'immeuble, le mystérieux Kakuro Ozu. Les gens se croisent, des liens se nouent, des drames se jouent, des rencontres se vivent.

"L'éternité, cet invisible que nous regardons." (p.272)

"Je penche doucement la tête, je songe au camélia sur la mousse du temple, à une tasse de thé tandis que le vent, au-dehors, caresse les frondaisons, la vie qui s'enfuit se fige en un  joyau sans lendemain ni projets, le destin des hommes, sauvé de la pâle succession des jours, s'auréole enfin de lumière et dépassant le temps, embrase mon coeur quiet." (p.111)

Camarades de classe  de Didier Daenicks

Dominique et François forment un couple qui approche la soixantaine. François est miné par la perspective d'un licenciement. Un jour arrivent des messages d'anciens camarades de classe. Dominique répond à la place de son mari. Surgissent alors des souvenirs de l'ancien temps, marqué par mai 68, le communisme,... Mais un jour apparaît un mystérieux Armhur Tarpin qui pousse les uns et les autres vers les zones sombres de leur jeunesse jusqu'au dénouement, surprenant.

"La famille n'était pas présente, physiquement, mais elle faisait traîner ses chaînes. C'est aussi comme ça que je me revoyais, étoile éteinte d'une jeunesse gênée aux entournures." (p.15)

La nuit de Valognes d'Eric Emmanuel Schmitt

Quatre femmes se retrouvent, menées par la duchesse de Vaubricourt, afin de se venger une fois pour toutes, de Don Juan qui les a jadis bafouées. La punition? Le forcer à épouser Angélique, sa dernière victime. Mais le Don Juan qui apparaît n'est plus tout à fait le même...

"Ni un saint, ni un héros, Don Juan, ne vous leurrez pas, mais un escroc, un petit escroc de l'amour." (II,3)

"Une ombre, ça ne vous appartient pas, c'est la lumière qui vous la donne." (III,6)

Eldorado de Laurent Gaudé

Le commandant Piracci a pour mission de sillonner les mers à la recherche de clandestins afin de les sauver de la noyade si nécessaire. Il se rend peu à peu compte qu'il brise des rêves humains profonds... Un jour, en recueillant une jeune femme, Piracci lâche subitement tout et prend lui aussi la mer, refusant le monde dans lequel il vit. En parallèle, un jeune africain quitte son frère bien aimé et son pays pour tenter de trouver l'Eldorado en Europe... Un des romans les plus forts et les plus bouleversants qu'il m'ait été donné de lire ces derniers temps. 

"Il repensait à son visage. Il y avait en elle une beauté solide et dure, la beauté de ceux qui ont  décidé leur route et s'y tiennent, la beauté que confère au regard la volonté. (...) Il se sentait vide par rapport à elle. D'un vide confortable qui le dégoûtait." (p.40)

" Il ne fallait pas renoncer au voyage. L'Eldorado. (...) Il avait lu ce mot sur les livres. (...) Il leur dit de partir, sans attendre, à l'assaut des frontières. De tenter leur chance avec rage et obstination. Que des terres lointaines les attendaient. Oui, c'est cela qu'il murmura à la poussière. Que l'Eldorado était là. Et qu'il n'était pas de mer que l'homme ne puisse traverser." (p.219)

Bonnes lectures à tous!

14 janvier 2017

Il fait froid?... Lisez!!!

Avec la vague de (très) grand froid qui s'est abattue sur notre pays ces derniers jours, rien ne vaut de rester chez soi, calfeutré, avec un bon bouquin pendant que dehors neige et vent se déchaînent... Vous êtes en panne d'idées? Voici quelques-unes de mes dernières lectures!

Jours tranquilles, brèves rencontres d'Eve Babitz

Le livre est construit autour de scènes croquées sur la côte ouest des Etats-Unis: un acteur qui fuit les studios le temps d'un match de base-ball, une starlette qui déteste sa célébrité, une grande villa remplie de luxe, d'alcool et de solitude,... Une très jolie écriture, légère et pétillante, qui sait mêler tragédie et ironie mordante.

"Je ne suis pas devnue célèbre, mais je m'en suis suffisamment approchée pour sentir les relents du succès. Ca sentait le tissu cramé et les gardénias rances, et j'ai compris que ce qu'il y avait de véritablement affreux avec le succès est qu'il ait représenté pendant toutes ces années ce qui viendrait tout arranger" (p.77).

Le sumo qui ne pouvait pas grossir d'Eric Emmanuel Schmitt

Jun est un adolescent en révolte qui rejette le monde entier. Il vit dans la rue où il est repéré un jour par Shomintsu, un maître du sumo, qui décèle un "gros" en lui. Petit à petit, Jun va se laisser captiver par cet univers dans lequel il va découvrir un vrai art de vivre et une philosophie de la sagesse. Grâce à cette rencontre, s'entrouvre un avenir...

"Alors que j'étais maigre, long, plat, Shomintsu s'exclamait en passant devant moi: Je vois un gros en toi!

Exaspérant! De face, j'avais l'air d'une peau de hareng séchée sur des bois d'allumette; de pofil... on ne pouvait pas me voir de profil, je n'avais été conçu qu'en deux dimensions." (p.1)

Incendies de Wadji Mouawad

Les jumeaux Jeanne et Simon apprennent, au décès de leur mère, qu'ils ont encore leur père qu'ils ne connaissent pas, ainsi qu'un frère, dont ils ignoraient l'existence. Ces révélations les plongent subitement dans de noirs secrets de famille au coeur des violences de la guerre du Liban. Leur enquête va les conduire à contempler l'horreur dans ce qu'elle a de plus sombre...Une pièce de théâtre brûlante, fascinante, mais à éviter pour les âmes sensibles!

"Lorsqu'on vous demandera votre histoire, dites que votre histoire, son origine, remonte au jour où une jeune fille revint à son village natal pour y graver  le nom de sa grand-mère Nazira sur sa tombe. Là commence l'histoire." (p.132)

" L'enfance est un couteau planté dans la gorge et tu as su le retirer. A présent, il faut avaler sa salive." (p.130)

Et vous, quelles sont vos dernières lectures?

16 septembre 2015

Idées de lecture!

J'ai eu la grande chance, cet été, de pouvoir passer beaucoup de temps à bouquiner! Si vous cherchez des idées de lectures, voici quelques titres qui m'ont  particulièrement marquée.

L'immeuble Yacoubian de Alla El Aswany

Le narrateur raconte le destin croisé d'une dizaine d'occupants de l'immeuble Yacoubian et brosse ainsi, en filigrane, le portrait d'une Egypte plurielle et en pleine mutation. On y voit aussi la montée des intégrismes religieux et l'auteur tente, par le biais de la petite histoire des destins individuels, de comprendre un peu mieux la grande histoire.

Extrait: "Il faudrait être un artiste de grand talent pour peindre le visage d'une femme de la terrasse, le vendredi matin, quand son mari descend prier et qu'elle se lave des traces de l'amour, puis sort sur la terrasse pour étendre les draps qu'elle vient de nettoyer. A ce moment-là, avec ses cheveux humides, sa peau éclatante, son regard serein, elle apparaît comme une rose mouillée par la rosée du matin qui vient de s'ouvrir et de s'épanouir". (p.25)

Ravel de Jean Echenoz

Le roman raconte les dix dernières années de la vie du compositeur Ravel. Echenonz possède toujours ce style remarquable et inimitable, cette écriture à la fois distanciée et précise. Mais ce n'est pas, pour moi, son meilleur roman.

Extrait: " Voilà: il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne. (...) Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, voilà au moins, dit-il un morceaux que les orchestres du dimanche n'auront pas le front d'inscrire à leur programme. (...) Tu vois, lui dit Ravel, c'est là l'usine du Boléro" (p.79)

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

Dans un petit village des Pouilles, Montepuccio, la famille Scorta, par ses origines scandaleuses, vit au ban de la société et se construit autour de l'amour de la famille et d'un lourd secret qui se transmet de génération en génération. Rocco et ses enfants, Doménico, Giuseppe et Carmela, vont bâtir une dynastie, sans jamais beaucoup d'argent, dans une vie rude, éclairée de rares moments de fête et de lumière. Un roman solaire, captivant, à l'écriture magistrale. C'est mon coup de coeur absolu de l'été!

Extrait: "La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait de douleur. (...) Il était deux heures de l'après-midi, et la terre était condamnée à brûler. Sur un chemin de poussière, un âne avançait lentement. (...) Rien ne venait à bout de son obstination. Ni l'air brûlant qu'il respirait. Ni les rocailles pointures sur lesquelles ses sabots s'abimaient. Il avançait. Et son cavalier semblait une ombre condamnée à un châtiment antique." (p.11)

4 mars 2013

Recettes légères et gourmandes!

10 décembre 2012

Quelques idées gourmandes pour Noël!

Si, comme moi, vous êtes en pleine recherche d'idées pour vos menus de fêtes, voici quelques pistes pour élaborer votre menu:

 

En apéritif, ou pour un buffet...:

- Bouchées de StJacques au fenouil confit: Une petite cuillère parfumée, tout en raffinement et simplicité.

- Mini-moelleux aux asperges: des bouchées ultra moelleuses et très vite réalisées

- Sucettes de boudin blanc aux noisettes: Une manière originale de cuisiner le boudin blanc dans une version chic et choc!

- Mini-tartelettes saumon-vodka: Un petit air de fête pour une tartelette toute simple, mais bien parfumée

- Tartelettes sablées au caviar d'olive, chèvre et noix: Un grand clasique chez nous qui connaît toujours un franc succès!

 

Il fait froid par chez vous? Optez pour un bon velouté!

- Velouté de fèves au chèvre, chantilly de lart fumé: un velouté tout en légéreté et saveurs

- Velouté de châtaignes aux St Jacques: Une soupe gourmande qui mèle onctuosité et croquant

 

Pour commencer:

- Le papeton d'auberginesune recette parfumée qui se prépare la veille ou l'avant-veille: pratique pour l'organisation!

- Terrine de girolles et sa compotée de raisins: Entrée raffinée aux saveurs des sous-bois

- Terrine aux deux poissons: Un grand classique que l'on peut améliorer avec un peu de saumon fumé, ou quelques St Jacques,...

- Feuilletés de St Jacques sur fondue de poireaux: Facile à faire et pourtant toujours très apprécié à table!

 

Pour suivre:

- Brochettes de StJacques, pommes confites et beurre de cidre: un plat très parfumé avec un soupçon d'originalité.

- Cassolette de cabillaud et grosse crevette, crème de poivron à l'estragon: Un plat plein de peps et de bonne humeur

- Lotte à l'armoricaine: Un plat classique, mais qui plaît toujours!

- Roulades de volaille farcies, sauce aux champignons et porto rouge: Une jolie présentation pour un plat tout simple à préparer!

- Terrine de canard à l'orange: Beaucoup de saveurs. Cette terrine est tellement meilleure quand elle est préparée quelques jours avant.

- Veau, morilles et vitelotte: Une purée originale, pleine de couleurs, pour accompagner le parfum délicat des morilles.

- Risotto crémeux aux girolles et copeaux de parmesan: un accompagnement gourmand pour accompagner un plat de viande

 

En dessert: Je ne me suis jamais encore lancée dans la confection d'une bûche, mais voici quelques idées pour amener un peu de douceur à vos repas de fête (ne pas hésiter à réaliser ces recettes en petites quantités pour un pré-dessert gourmand!):

- Crème tendrement chocolat: que serait un Noël sans chocolat? Parfait pour un petit pré-dessert avant une bûche aux fruits, par exemple!

- Panna cotta à la crème de marron et au whisky: En petite quantité, une vraie gourmandise à décorer avec quelques éclats de marrons glacés.

- Dacquoise au chocolat et et aux noisettes: Cette recette de Pierre Hermé demande un peu plus de travail, mais quel bonheur à table!

- Tartelettes aux clémentines confites: A faire apèrs un repas léger, elles apportent toute la douceur des clémentines de Noël...

 

Pour finir, des gourmandises à croquer sans modération!

- Baisers chocolatés et gourmands de la bonne année: Des petites gourmandises tellement jolies qu'on les croque sans y prendre garde!

- Meringues délicatement vanille: Si vite faites, elles permettent de continuer les confidences jusque tard dans la nuit...

- Macarons au chocolat: un grand classique, à garnir de la ganache de votre choix!

- Biscuits gourmands aux noisettes et au chocolat: à croquer sans modération!

-Croquants amandes-pistaches: un grand classique de ma région. Merveilleux avec un bon thé.

- Petits coeurs gourmands en pain d'épices: en décoration sur votre arbre de Noël, ils se feront cueillir par les gourmands tout au cours de la soirée!

- La pâte de coing: Préparée longtemps à l'avance, sa saveur vanillée séduit toujours.

 

J'espère que ce message aura pu vous aider quelque peu dans vos menus... Quant à moi, je repars dans mes livres de recettes... et sur vos blogs piocher de idées!

A bientôt!

 

11 juin 2012

Voilà, c'est arrivé!

Petite chronique ordinaire d'un soir de printemps

Voilà, c'est arrivé...

Cela fait maintenant huit ans que chaque soir, en passant dans le couloir qui mène à notre chambre, nous déposons un petit baiser sur le front de trois petits loups sagement endormis...

8 ans à changer les ampoules des veilleuses, à changer les veilleuses aussi ("elle éclaire trop", "elle n'éclaire pas assez", "Maman, il y a des ombres bizarres dans ma chambre... si, si, je t'assure, avec cette nouvelle lampe il y a une vache qui se promène sur mon plafond!"....)

8 ans à remonter une couverture, à ôter un livre entre les mains endormies, à ramasser un doudou qui profite d'un sommeil innocent pour aller visiter les moutons sous le lit...

8 ans à maugréer qu'une fois de plus la chambre n'est pas rangée, que, zut!, on a oublié les vêtements pour demain et que cela va encore être la course, que aïe! il y avait un petit légo qui traînaît par terre et qu'on se l'est pris, juste sous le pied, là où ça fait bien mal, que vraiment c'est sûr ce week-end on accroche les rideaux cousus depuis un mois...

8 ans à chasser les loups cachés dans les armoires, faire déguerpir l'ours planqué sous le lit, barricader les fenêtre contre les voleurs d'Ali Baba, vérifier que vraiment, non vraiment, il n'y a pas de fantôme dans le bureau...

8 ans à marcher sur la pointe des pieds pour rejoindre notre chambre, passant comme des sioux devant trois portes entr'ouvertes ("Ne ferme pas, Maman, j'aime entendre quand Papa rentre", "Ne ferme pas, j'ai un peu peur",...) et déposer, furtivement, un tendre baiser sur une mèche qui dépasse...

... et puis voilà, ce soir, surprise, étonnement, 3 portes fermées. Ma grande: "Tu comprends, je veux lire tranquille et ne veux pas entendre de bruits", mon Bonhomme: "Ca y est, je n'ai plus peur! Tu peux fermer ma porte?", Ma Choupinette: "Moi aussi, j'ai trois ans maintenant, je veux la porte fermée comme les grands..."

Le couloir paraît grand et vide dans le soir qui tombe. Je résiste à l'envie d'aller voir, juste une fois, juste une, on ne sait jamais... Si ils s'étaient découverts? Et si Doudou était par terre? Et s'ils dormaient le nez dans une BD?...

Nous nous retrouvons tous deux dans le couloir, amusés et un peu vides quand même, devant ces trois portes qui renferment les rêves de nos enfants... Dormez bien,...  mes grands!

9 juin 2010

Petit tag!...

Me voilà taguée par Sandrine, du blog "Ma popote à moi"! Vous connaissez sûrement tous le principe du jeu:

Répondre aux questions, indiquer le nom et l'adresse du blog de la personne qui vous a taguée et envoyer à quelques autres blogs!

Je réponds donc volontiers aux questions... côté cuisine bien sûr!

1) Signe particulier: Préfère cuisiner le salé que le sucré!
2) Mauvais souvenir: une superbe tarte aux fraises confectionnée pour l'anniversaire d'une très bonne amie... et qui s'est cassée en mille morceaux au moment du service!...
3) Souvenir d'enfance: l'odeur merveilleuse des légumes que l'on épluchait, le soir, au frais, pour confectionner la véritable "soupe au pistou" si parfumée!
4) Un défaut: jamais assez salé!
5) Film: euh... l'aile ou la cuisse?!

Allez! Assez plaisanté, je transmets ce petit tag aux blogs suivants (bien sûr sans aucun obligation et juste si vous en avez le temps!):
-
On dîne chez Nanou
- Pique et Croque
- Les petits pois...
- Dans la cuisine de Corinne

- Passiflore

Bien à vous tous!

22 octobre 2009

Les noisettes sauvages

Mon dernier article (Cake aux noissettes et au miel de châtaignier) m'a fait songer au beau roman de Robert Sabatier, "Les noisettes sauvages". Olivier, le petit garçon des "Allumettes suédoises", après une année mouvementée chez son oncle et sa tante dans le Paris bourgeois des années 20, découvre le reste de sa famille, campagnarde, dans le village de Saugues. Il y découvrira des valeurs fortes, le sens de la terre et l'affection bourrue de grands-parents... Courez vite lire tout cette saga  (5 tomes, je crois?), pleine de vie et d'enthousiasme, qui, de surcroît, nous donne à vivre toute l'ambiance des années 20 à 50!

Ici, je vous partage la fin du roman, quand Olivier, les vacances finies, quitte le village et ceux qu'ila rencontré et appris à aimer...

Les noisettes sauvages

"Au bour de la cour, Olivier se retourna et regarda vers la fenêtre. Ils étaient là, dans une buée, le pépé avec son chapeau rond sur la tête, son foulard au col, son gilet, la mémé devenue fluette. Ils étaient là comme sur une photographie d'autrefois, toute jaunie, toute racornie, et que le temps pouvait effacer.

Alors, Oliver marcha, les épaules fragiles, la tête baissée, dans la rue des Tours-Neuves, en poussant la byciclette. des noisettes boursoouflaient ses poches. Sur son front, autour de son nez, le soleil avait déposé des taches de rousseur. Son corps s'était armé de muscles, son esprit de forces nouvelles, et pourtant des ondes de détresse le traversaient, quelque chose tremblait en lui. Quelqu'un, ou bien le feuillage, ou ses amis, ou le village, ou le temps, murmura: "Au revoir, Olivier..." mais il ne l'entendit pas.

Au bout de la rue, quand il leva le menton, une brise légère rafraîchit ses joures humides.

Robert Sabatier

20 octobre 2009

Tartes et tourtes salées

20 janvier 2010

Entrées

20 novembre 2009

Soupes et veloutés

20 janvier 2010

Plats de poissons

18 novembre 2008

"Eïa pour le Kaïlcédrat royal!"

Voici un magnifique texte que je voulais vous partager pour illustrer mon post précédent: l'ananas caramélisé sur sirop miel-orange. Nous avons beaucoup entendu parler d'Aimé Césaire ces derniers temps, et, pour moi, il s'agit d'un auteur incontournable, puissant, épique. Ce texte retentit d'une force incroyable...

Eïa pour le Kaïlcédrat royal!

ô lumière amicale
ô fraîche source de la lumière
ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre
gibbosité d'autant plus bienfaisante que la terre déserte
davantage la terre
silo où se préserve et mûrit ce que la terre a de plus terre
ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour
ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale

elle plonge dans la chair rouge du sol
elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.
 
Eia pour le Kaïlcédrat royal !
Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté
 
mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde
lit sans drain de toutes les eaux du monde
étincelle du feu sacré du monde
chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !

Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal


13 novembre 2008

"Il pleut" de Francis Carco

Voilà longtemps que je ne vous ai plus partagé de mes petits bonheurs littéraires... Et pourtant, il y a un poème de Francis Carco auquel j'ai beaucoup pensé ces derniers jours, quand la pluie tambourinait à nos fenêtres, nous obligeant à vivre d'intérieur et de quiétude... Je vous le dédie, à vous tous bloqués chez vous par les gouttes de pluie, pour transformer un sombre dimanche pluvieux en un merveilleux après-midi amoureux!

Il pleut

Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.

Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !

C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.

Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.

Francis Carco, Il pleut

13 octobre 2008

"Désert" de J.M.G. Le Clézio

En fin de semaine dernière, grande nouvelle: Le Clezio reçoit le prix Nobel de littérature! Et voilà que grandit en moi le désir de retourner lire cet auteur fabuleux, qui par la simple force de sa plume et de sa poésie, m'a fait voyager si souvent à travers le vaste monde... Merci, Monsieur Le Clezio, pour tout ce rêve donné à travers les pages de vos romans!

Pour tous ceux d'entre vous qui aiment Le Clezio, voici un petit extrait, très connu certes, de Désert... Et pour tous ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur, je ne peux que vous conseiller de vous précipiter à la bibliothèque la plus proche pour de belles heures de voyage en perspective!

"Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche. C’étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore plus sombre dans les voiles d’indigo.

Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement, sans regarder où ils allaient. Le vent soufflait continûment, le vent du désert, chaud le jour, froid la nuit. Le sable fuyait autour d’eux, entre les pattes des chameaux, fouettait le visage des femmes qui rabattaient la toile bleue sur leurs yeux. Les jeunes enfants couraient, les bébés pleuraient, enroulés dans la toile bleue sur le dos de leur mère. Les chameaux grommelaient, éternuaient. Personne ne savait où on allait.

Le soleil était encore haut dans le ciel nu, le vent emportait les bruits et les odeurs. La sueur coulait lentement sur le visage des voyageurs, et leur peau sombre avait pris le reflet de l’indigo, sur leurs joues, sur leurs bras, le long de leurs jambes. Les tatouages bleus sur le front des femmes brillaient comme des scarabées. Les yeux noirs, pareils à des gouttes de métal, regardaient à peine l’étendue de sable, cherchaient la trace de la piste entre les vagues des dunes.

Il n’y avait rien d’autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s’il n’y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s’arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. Ma faim les rongeait. Ils n’auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide, et glacés de la nuit aux étoiles figées.

Ils continuaient à descendre lentement la pente vers le fond de la vallée, en zigzaguant quand le sable s’éboulait sous leurs pieds. Les hommes choisissaient sans regarder l’endroit où leurs pieds allaient se poser. C’était comme s’ils cheminaient sur des traces invisibles qui les conduisaient vers l’autre bout de la solitude, vers la nuit. Un seul d’entre eux portait un fusil, une carabine à pierre au long canon de bronze noirci. Il la portait sur sa poitrine, serrée entre ses deux bras, le canon dirigé vers le haut comme la hampe d’un drapeau. Ses frères marchaient à côté de lui, enveloppés dans leurs manteaux, un peu courbés en avant sous le poids de leurs fardeaux. Sous leurs manteaux, leurs habits bleus étaient en lambeaux, déchirés par les épines, usés par le sable. Derrière le troupeau exténué, Nour, le fils de l’homme au fusil, marchait devant sa mère et ses sœurs. Son visage était sombre, noirci par le soleil, mais ses yeux brillaient, et la lumière de son regard était presque surnaturelle.

Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit. Ils étaient apparus, comme dans un rêve, en haut d’une dune, comme s’ils étaient nés du ciel sans nuages, et qu’ils avaient dans leurs membres la dureté de l’espace. Ils portaient avec eux la faim, la soif qui fait saigner les lèvres, le silence dur où luit le soleil, les nuits froides, les lueurs de la Voie lactée, la lune ; ils avaient avec eux leur ombre géante au coucher du soleil, les vagues de sable vierge que leurs orteils écartés touchaient, l’horizon inaccessible. Ils avaient surtout la lumière de leur regard, qui brillait si clairement dans la sclérotique de leurs yeux."

J.M.G. Le Clezio

24 septembre 2008

"Recueillement" de Baudelaire

Mon post précédent, qui évoquait l'automne, m'a fait penser à ce magnifique poème de Baudelaire, "Recueillement".

Je ne résiste pas à l'envie de vous le partager...

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.


Charles Baudelaire, Les fleurs du mal CLIX
16 septembre 2008

"La première gorgée de bière..." Ph. Delerm

Une petite pause dans le déroulement des jours et des recettes pour vous partager un petit bonheur de lecture... Il s'agit de Philippe Delerm et sa "Première gorgée de bières et autres plaisirs minuscules". C'est une petite merveille d'une dizaine de textes décrivant quelques-uns des plaisirs de la vie, dans ce qu'elle a de plus quotidien, et de plus jouissif.
Et pour les gourmands, je pense tout particulièrement au texte "aider à écosser les petits pois". Je vous en livre quelques lignes...

"C'est presque toujours à cette heure creuse de la matinée où le temps ne penche plus vers rien.(...) Sur la toile cirée, juste un carré de journal, un tas de petits pois dans leur gousse, un saladier...
(...) On peut s'asseoir à la table familale et d'emblée trouver pour l'écosssage ce rythme nonchalant, pacifiant, qui semble suscité par un métronome intérieur. C'est facile d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. Ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelques carottes nues brillent sur un torchon, finissent de sécher.
Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière." (Philippe Delerm La première gorgée de bière et autres plaisir minuscules)

Hum!... Ca me donne envie d'écosser des petits pois, dans le jardin, en famille... Pas vous?!

21 septembre 2016

Et si on lisait?!...

L'avantage, avec les vacances, c'est qu'on a plein de temps pour bouquiner... Oui, mais... ce ne sont plus les vacances!

Tant pis, il faut faire semblant et se garder encore du temps pour lire, lire, lire! 

A la recherche d'idées?... Voici quelques-unes de mes dernières lectures, certaines guidées par vos gentils messages et conseils! Merci, je suis toujours preneuse de ce genre d'avis!

La femme de nos vies de Didier Van Cauwelaert

Un jeune adolescent est interné dans un centre pour jeunes "déficients mentaux" dans l'Allemagne nazie de 1942. Il devient ami avec David, un jeune juif surdoué. Mais voilà qu'Hitler demande l'élimination de tous les jeunes du centre. Arrive alors une étonnante jeune femme, Ilsa Schaffner. Elle a le droit de sauver un enfant du centre, un seul...

Extrait: "Pour arrêter la barbarie, il n'y a que l'intelligence. La connaissance de la vraie réalité du monde. La raison profonde de la vie. Le secret qu'on a découvert, ma mère et moi. Le secret qui arrête les guerres. Il est à toi, maintenant. Tout est dans le livre. Dans le texte et dans les notes. (...) Pour l'instant, ils ne s'intéressent qu'à la bombe. La bombe atomique qu'Albert Einstein est en train de mettre au point. (...) Alors tu vas leur donner ce qu'ils attendent. Leur faire croire que c'est ça, ton secret. La fission de l'uranium." (p.46)

Le collier rouge de Jean - Christophe Ruffin

Dans une petite ville de province, un héros de la guerre est retenu prisonnier dans une réserve secrète. Devant la porte, un vieux chien aboie nuit et jour, à tel point qu'un juge va venir s'entretenir avec l'homme: qui est ce chien? Pourquoi lui est-il autant attaché? Un beau roman avec une puissante réflexion sur la notion d'honneur.

Extrait: "Pendant ma permission, j'ai beaucoup lu. La guerre m'avait changé. Je n'imaginais pas que tout cela pouvait exister. (...) Il fallait que je trouve des réponses. Je voulais savoir ce que d'autres avaient pu comprendre de la guerre, de la société, de l'armée, du pouvoir, de l'argent, de toutes ces choses que je découvrais." (p.109)

La place d'Annie Ernaux

La narratrice raconte la mort, puis l'enterrement de son père. A partir de là, elle dresse un portrait, tout en esquisses et suggestions, de la France travailleuse et populaire et se demande pourquoi, étant devenue professeur de français, elle peine à trouver sa place entre sa famille où elle ne se reconnaît pas et son nouveau foyer bourgeois où elle se sent étrangère. Des scènes juste saisies, entre émotion et simple peinture... 

Extrait: " On se fait photographier avec ce qu'on est fier de posséder, le commerce, le vélo, plus tard la 4 CV, sur le toit de laquelle il appuie une main" (p.39). "Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans une langue châtiée, j'avais l'impression de me jeter dans le vide." (p.44).

Bonnes lectures!

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