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Mots et mets
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Mots et mets
31 mars 2009

Sauté de porc en aller-retour asiatique

Merci à mon mari pour cette petite improvisation épicée et jubilatoire autour du porc et des épices!

Saut__de_porcIngrédients (pour 4 pers.):

- 800 gr de sauté de porc
- 3 blancs de poireaux
- 1 oignon jaune
- 1 gousse d'ail
- 1 petit choux romanesco
- petits pois
- 1 oignon rouge
- pois gourmands
- curry
- gingembre
- piment doux
- basilic
- ciboulette
- graines de sésame
- 1 petit verre de vin blanc
- huile d'olive




1) Emincer les blancs de poireaux, les faire blanchir quelques minutes.
2) Faire revenir vivement le porc dans un "faitout" .
3) Dès que la viande a pris couleur, ajouter les blancs de poireaux égouttés et l'oignon jaune et l'ail coupés finement;
4) Ajouter de l'huile d'olive et laisser prendre couleur quelques minutes.
5) Ajouter alors le curry, le gingembre, le piment doux et le petit verre de vin blanc. Couvrir et laisser mijoter une bonne demi-heure.
6) Pendant ce temps, couper le choux romanesco en fins bouquets. Ecosser les petits pois, trier les pois gourmands, éplucher et couper finement l'oignon rouge. Les faire revenir dans un fond d'huile d'olive, puis ajouter basilic et ciboulette. Laisser cuire à feu doux une petite vingtaine de minutes. En fin de cuisson, ajouter le sésame.
7) Servir chaud, accompagné de riz basmati.

Le p'tit truc: La viande est encore meilleure réchauffée le lendemain, quand les épices ont repris toute leur saveur!

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28 novembre 2008

Macarons à la mûre... suite!

Macarons_3

Bonjour à tous... et merci de vos visites et gentils messages!

Je voulais faire un petit message tout spécial pour répondre à vos questions sur les macarons (cf. post précédent!), car je m'aperçois que je n'ai peut-être pas été très précise sur certains points (mea culpa!) !

- Evidemment, vous vous en êtes rendus compte, dans la liste des ingrédients, j'ai oublié de notifier le colorant! J'ai utilisé ici du colorant rouge "tout simple", de supermarché. Je crois en avoir mis une trentaine de gouttes, mais je n'en jurerais pas!

- Oui, j'ai bien laissé mes blancs d'oeufs 4-5 jours au frigidaire dans une boîte hermétique avant de les cuisiner. Mais si vous êtes pressés, je crois qu'il est possible de les passer 15 secondes au micro-onde avant utilisation pour un résultat analogue.

- Toujours à propos des blancs d'oeufs: oui, il faut les sortir du frigidaire un bon moment avant de les monter en neige: des blancs trop froids montent mal!

Voilà, je crois avoir répondu à toutes les questions posées dans les commentaires ou par mail!

Je n'ai pas le temps d'écrire davantage et rentrerai peut-être une autre recette ce soir!

Bien amicalement à vous et au plaisir de vous lire ou de vous retrouver sur vos blogs!

PS: Pour toutes ceux et celles qui me disent ne pas oser se lancer dans les macarons, je vous répondrais que je ne suis absolument pas une pâtissière, que je me suis beaucoup amusée ici, et que cette recette est vraiment très très simple, promis-juré!

26 mars 2009

La quiche sans pâte!

Le mercredi, j'aime bien que les enfants soient "acteurs" de leur repas et proposent des idées de menu. Mon Petit Bonhomme m'ayant demandé ce matin une quiche, me voilà fort dépourvue: plus de pâte toute prête dans le frigidaire... et pas encore le droit de rester longtemps debout pour confectionner une bonne pâte maison!... Heureusement, je me souvenais avoir lu dans un magazine une recette de quiche sans pâte... et tous les trois avons alors joyeusement préparé la quiche suivante:

Quiche_sans_p_teIngrédients (pour 6 pers.):

- 1/2 litre de lait
- 100 gr de farine
- 3 oeufs
- 100 gr de lardons
- 100 gr de gruyère râpé
- sel, poivre, muscade

1) Mélanger les oeufs, la farine et le lait.
2) Ajouter les lardons et le gruyère râpé.
3) Assaisonner.
4) Beurrer un moule et verser l'appareil dedans.
5) Enfourner th. 210 environ 30 min.
6) Déguster tiède!

Le p'tit truc: voilà une recette super facile à faire avec des enfants... et beaucoup moins grasse qu"une quiche "normale", puisqu'il n'y a pas de beurre: on recommencera!!

Quiche_sans_p_te_2Une petite faim?!

25 novembre 2008

La tarte aux légumes de Ti Lapin

Bientôt c'est le grand jour du concours des légumes chez Ti Lapin et ses amis! Aussi tous chouchoutent leur potager et arrosent leurs légumes avec tellement de tendresse que ceux-ci deviennent géants! Le jour du concours, tous les légumes sont superbes... à tel point qu'il est impossible de départager le vainqueur. Que faire?... Ti Lapin et ses amis décident alors de cuisiner tous ensemble une magnifique et goûteuse tarte aux légumes! Voilà sa recette:

Tarte_aux_l_gumes_de_Ti_lapinIngrédients (pour 6 pers.):

- 1 pâte feuilletée pur beurre
- 2 courgettes
- 4 carottes
- 1 oignon
- 1 gousse d'ail
- 3 oeufs
- 1 yourt
- 100 gr de gruyère râpé
- sel, poivre, muscade, cerfeuil.

1) Eplucher les carottes et les couper en fines lamelles. Eplucher et couper l'ail et l'oignon.
2) Mettre tous ces légumes à revenir avec un fond d'huile d'olive et laisser confire doucement pendant une vingtaine de minutes.
3) Laver et couper les courgettes en rondelles fines et les ajouter dans la poêle. Continuer la cuisson environ 1/4 d'heure.
4) Pendant ce temps, battre les oeufs, ajouter le yaourt, le fromage râpé, sel, poivre, muscade et cerfeuil.
5) Etaler la pâte dans un moule à tarte, recouvrir des légumes et ajouter l'appareil.
6) Enfourner th. 190 environ 20 min. Déguster tiède!

Le p'tit truc: On voit rarement des carottes dans une tarte et j'ai été surprise à première vue par la recette, mais en fait les légumes sont fondants et les couleurs superbes!

Ti_Lapin

PS: Cette histoire et la recette qui en découle viennent d'un très joli livre d'enfant: "Ti Lapin et la carotte magique" de H. d'Hamers et G. Segers (éd. Les deux souris).

Ma Poussinette qui avait un peu de mal avec les légumes a adoré d'emblée l'histoire très joliment illustrée et s'est régalée à faire, puis à dévorer la tarte aux légumes! A conseiller donc à toutes les Mamans!

18 mars 2009

Salade printannière aux brocolis et magrets de canard

On ne retient, souvent, des choux et leurs cousins, qu'un aspect "triste sire": goût trop fort, légume d'hiver, régimes et jours blafards...
Mais voilà une petite salade pleine de couleurs et d'énergie pour soigner l'arrivée du printemps et du soleil... en attendant tomates parfumées et basilic du jardin!

Salade_brocolis_1Ingrédients (pour 4 pers.):

- brocolis
- 200 gr de magret de canard séché et fumé
- 30 gr de pignons
- 100 gr de "bleu des causses"
- huile d'olive
- vinaigre de framboise

1) Couper les brocolis pour ne plus garder que des petits bouquets. Les faire cuire à la vapeur une dizaine de minutes.
2) Pendant ce temps, faire griller les pignons (2-3 minutes).
3) Défaire les tranches de magret, couper le bleu des Causses en petits dés.
4) Une fois que les brocolis ont refroidi, les disposer dans un saladier, recouvrir des tranches de magret, des dés de fromage et parsemer les pignons dessus.
5) Agrémenter avec une petite vinaigrette à base d'huile d'olive et de vinaigre de framboise, qui se marie très bien avec le canard.
Déguster!

Le p'tit truc: Au lieu du bleu des Causses, on peut aussi saupoudrer cette salade de parmesan râpé.

salade_brocolis_2

Des légumes croquants et pleins de vitamines, du magret parfumé, du bleu fondant, des pignons grillés,... Bon appétit!

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24 février 2009

"La plus belle des lumières" J.M.G. Le Clézio

margueritesMes dernières recettes rentrées ("Verrines d'avocat à la vinaigrette de tomates" et "Mini-tartelettes au pistou") m'ont fait prendre conscience d'une grande envie d'été, de soleil, de lumière...!

Alors, si vous êtes dans le même cas que moi, je vous propose de déguster ce texte de Le Clézio, sur cette lumière bien particulière qui nous enveloppe, l'été venu.

"La lumière d'été"

J'aime la plus belle des lumières, chaude, jaune, celle qui apparaît quelquefois l'après-midi sur le mur d'une chambre face au sud. C'est en elle que je voudrais habiter, pendant des jours, des mois, des années. Souple, tiède, vivante, douce, jaune comme la paille, jaune comme la flamme des allumettes, elle entre par la fenêtre ouverte sans que je sache d'où elle vient, de quels sables, de quels champs de maïs ou de blé mur. Elle entre, pareille à une chevelure de femme, elle se met à bouger entre les murs de la chambre, d'un mouvement continu qui emplit de bonheur, d'un seul long mouvement qui se déploie et rebondit sans cesse, la belle lumière chaude, la lumière d'été.

Je la sens venir,elle m'enveloppe comme l'air , mais sans rien qui trouble ou attouche, elle regarde chaque parcelle de ma peau, elle me baigne et m'éclaire. Aucune lumière ne sait faire cela comme elle. Elle, elle est venue de tous les points de l'espace, poudre des soleils et des étoiles, parfum des astres. Lumière du tabac et des genêts, lumière du cuir, lumière de la bière, lumière des fleurs, lumière de la peau blonde et claire, elle supporte tout cela avec elle, comme une rivière qui coulerait sur elle-même.

On n'entend pas son bruit. C'est à l'intérieur des oreilles qu'elle murmure son chant , c'est à l'intérieur du ventre qu'elle fait tourner sa ronde. Lumière de la paix, et il n'y aura jamais d'autre paix, jamais de bonheur plus grand dans le monde. Les guerres, les crimes, les mensonges, la faim, la soif, la souffrance, tout cela s'efface quand cette lumière emplit l'espace. C'est elle que les hommes veulent voir.

J.M.G. Le Clézio, L'inconnu sur la terre

14 novembre 2008

Saucisson brioché

La saucisse, cuite lentement dans son manteau de brioche, parfume toute la cuisine et son enveloppe croustillante et moelleuse, qui attend d'être tranchée, appelle au péché de gourmandise!... Allez, ne tardons plus: à table!

Saucisson_brioch__1Ingrédients:

- 350 gr de farine "spéciale brioche"
- 2 sachets de levure
- 5 oeufs
- 15 cl de crème fraîche
- 20 cl de lait
- 1 grosse saucisse à cuire
- 3 c. à soupe de moutarde
- 100 gr de fromage de Comté
- sel, poivre, muscade
- 1 bouquet garni
- 2 verrres de vin blanc

1) Faire cuire la saucisse une vingtaine de minutes dans le vin auquel il faut ajouter de l'eau (pour couvrir la saucisse) et le bouquet garni.
2) Pendant ce temps, mélanger la farine, la levure, 4 oeufs, la crème et le lait. Assaisonner avec le sel, le poivre et la muscade.
3) Ajouter le Comté râpé à la préparation.
4) Chemiser un moule à cake et verser 1/3 de la préparation. Y disposer la saucisse préalablement enduite de moutarde. Recouvrir de la pâte restante.
5) Enfourner th. 180, environ 40 min.
6) Déguster tiède, sur une bonne salade verte!

Le p'tit truc: Ne pas oublier d'enlever la peau de la saucisse, faute de quoi la découpe est plus difficile!

Saucisson_brioch__2

Une petite tranche pour la route?!

4 novembre 2008

Recette de la semaine

recette_de_la_semaineUn grand, un très grand merci à Mamzelle Eva qui a élu mes "chaussons gourmands du dimanche soir" recette de la semaine. J'en suis très fière et infiniment touchée...

A mon tour de vous partager 6 recettes découvertes cette semaine parmi les blogs...

Voici donc la règle : choisir 6 blog parmi les recettes de la semaine sur Blog-appétit, et sélectionner selon vous les meilleures recettes de 2 entrées, 2 plats et 2 desserts.

Règle :

- Mettre le logo.

- Mettre le lien de la personne qui vous a taggée.

- Mettre le règlement du jeu.

- Mettre le titre de la recette et le lien des blogs choisis.

- Les avertir sur leur blog.

Alors... on y va?

Entrées:

- Crumble de fenouil à la tomate chez Mon petit blog de gourmandises

- Cappuccino de champignons des bois chez Le Palais des saveurs

Plats:

- Curry de poisson du Kerala chez Bombay-Bruxelles

- Lasagne de girolles et coppa chez Spicy Tasty Crispy

Desserts:

- Crème brûlée aux noix chez La bouilloire bavarde

- Biscuits à la verveine et au citron chez Torchons et serviettes

A vous d'aller les découvrir!

10 janvier 2011

Le cacao et l'écume

pr_colombien Pour illustrer mon précédent post, Crème tendrement chocolat, je vous propose cet extrait d'un chant précolombien, qui expirme, à mon sens, toute l'ivresse que peut dégager l'arôme merveilleux du chocolat...

(Illustration: art précolombien)

"Le cacao fleurant déborde comme écume
Et se partage la fleur du tabac.
Quand le coeur est saveurs,
la vie se fait ivresse".

(Chant précolombien)

17 juillet 2009

"Le temps des cerises"

grappe

Evidemment, je ne pouvais laisser passer mon gâteau moelleux aux cerises sans entendre chanter le temps des cerises de Jean-Baptiste Clément... Je vous le partage donc!

Le temps des cerises

Quand nous en serons au temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur.
Quand nous en serons au temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles.
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte,
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.

Jean-Baptiste Clément

5 mai 2011

Le bouton de rose

Mon Mille feuille printanier du post précédent était garni de frais légumes de saison... Le printemps est la saison qui voir revenir légumes et fruits sur les étals,... et mille et une fleurs dans les jardins! Pour les fêter, je vous propose ce petit poème de Constance de Salm, ode à l'amour si joliment troussée...

(Illustration: Les roses de Renoir)

Riose_Renoir

Le bouton de rose

 

Bouton de rose, 
Tu seras plus heureux que moi ;
Car je te destine à ma Rose, 
Et ma Rose est ainsi que toi 
Bouton de rose.

 

Au sein de Rose, 
Heureux bouton, tu vas mourir ! 
Moi, si j'étais bouton de rose, 
Je ne mourrais que de plaisir 
Au sein de Rose.

 

Au sein de Rose 
Tu pourras trouver un rival ;
Ne joute pas, bouton de rose. 
Car, en beauté, rien n'est égal 
Au sein de Rose.

 

Bouton de rose, 
Adieu, Rose vient, je la vois :
S'il est une métempsycose, 
Grands dieux ! par pitié rendez-moi 
Bouton de rose.


Constance de Salm

18 avril 2011

Magazine Yummy n°2

Yummy_N_2

Ca y est! Le numéro 2 de Yummy magazine vient de sortir! Vous y trouverez plein de belles recettes sur l'asperges, les fraises, la cuisine verte, ainsi qu'une foule de bonnes idées pour cuisiner ce printemps!

Vous y trouverez même deux recettes de Mots et Mets! (Merci la Yummy Team: j'en suis très fière!)

Alors, courez feuilleter ce magazine gourmand et coloré (c'est ICI!) et n'hésitez pas à proposer vos recettes pour le prochain numéro qui sortira le 31 mai.

A bientôt!

 

19 janvier 2010

"Une grosse fève d'épiphanie"

Neige_Bazin Ma précédente recette ("la galette au goumeau") m'a fait penser à un texte lu adolescente, qui m'avait beaucoup marquée et qui me trotte encore régulièrement en tête! Il s'agit de la fin de "La mort du petit cheval" d'Hervé Bazin. Vous connaissez peut-être "Vipère au poing" (ne serait-ce que par le film qui en a été tiré récemment!), l'histoire de ce petit garçon détesté par sa mère, qu'il surnomme "Folcoche" et qui fera tout pour l'humilier... "La mort du petit cheval" est un roman beaucoup moins connu, alors qu'il s'agit de la suite de "Vipère au poing". Cela raconte la fin de l'adolescence du narrateur, son arrivée dans l'âge adulte... et ses tentatives pour échapper au despotisme d'une enfance mal aimée.... L'extrait que je vous propose en dessous est la toute fin du roman quand le narrateur, marié et tout jeune papa ("la grosse fève" désigne son petit garçon qui vient de naître!) revoit sa mère et réalise qu'enfin une force nouvelle l'habite et lui permet d'estomper l'ombre mauvaise de Folcoche...

La mort du petit cheval

"Par la fenêtre, je la vois s'éloigner, sinueuse, incertaine. Vue de haut, elle donne l'impression de ramper au fond de la rue étroite, interminable comme le sera sa vieillesse. Les deux plumes noires de son chapeau ressemblent vaguement aux appendices de la vipère cornue... Mais que dis-je? Ce symbole est désuet. Va, je n'ai plus besoin de ta race naïve, cher serpent! Un anneau me suffit qui ne doit plus rien aux tiens. J'étreins mieux ce que tu n'étreins pas. Ma force vient d'ailleurs: je n'en suis pas possédé, c'est moi qui la possède. Ma force est là, saine, simplette: une grosse fève d'Epiphanie et une souveraine en tablier qui boit mon sourire avec tant de soif que j'ai envie de crier: La reine boit! la reine boit!

Je sais, cette force n'est pas sans faille et je prévois des jours à j'aurai des absences. Pas des absences de mémoire. Des absences d'oubli. Une voix, qui a ce travers, me soufflera: "A quoi penses-tu?" et je ne répondrai pas. Mais si, malgré moi, je t'évoque, ô ma jeunesse, je ne t'invoquerai plus. Tu ne t'effaces pas, tu t'estompes comme cette femme qui n'est plus qu'un point noir au bout de la rue, qui lutte contre une rafale et qui semble emporter l'hiver avec elle".

Hervé Bazin ("La mort du petit cheval")

10 décembre 2009

"La pomme" Henri Michaux

POmmes_Picasso Une petite dégustation littéraire pour accompagner mon Délice glacé aux pommes, avec quelques courts vers d'Henri Michaux, pleins d'humour et de tendresse, comme à l'accoutumée chez ce poète moderne!

J’étais autrefois bien nerveux.
Me voici sur une nouvelle voie :
Je mets une pomme sur ma table.
Puis je me mets dans cette pomme.
Quelle tranquillité !

Henri Michaux

(Tableau: Pommes et pichet, de Picasso)

26 novembre 2009

"Portrait de Mlle de Chartres"

Princesse_de_Cl_ves  Mon "Gâteau-princesse" m'a fait penser à ce texte (qui, lui, n'est pas pour les enfants!) de la Princesse de Clèves, superbe roman de Mme de Lafayette, chef-d'oeuvre du classicisme. Admirez la pureté et la fluidité de la prose dans la description de l'héroïne!

Portrait de Mademoiselle de Chartres

Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée.

Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu'elle arriva, le vidame alla au-devant d'elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison. La blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l'on n'a jamais vu qu'à elle ; tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charmes.

Le lendemain qu'elle fut arrivée, elle alla pour assortir des pierreries chez un Italien qui en trafiquait par tout le monde. Cet homme était venu de Florence avec la reine, et s'était tellement enrichi dans son trafic, que sa maison paraissait plutôt celle d'un grand seigneur que d'un marchand. Comme elle y était, le prince de Clèves y arriva. Il fut tellement surpris de sa beauté, qu'il ne put cacher sa surprise ; et mademoiselle de Chartres ne put s'empêcher de rougir en voyant l'étonnement qu'elle lui avait donné. Elle se remit néanmoins, sans témoigner d'autre attention aux actions de ce prince que celle que la civilité lui devait donner pour un homme tel qu'il paraissait. Monsieur de Clèves la regardait avec admiration, et il ne pouvait comprendre qui était cette belle personne qu'il ne connaissait point. Il voyait bien par son air, et par tout ce qui était à sa suite, qu'elle devait être d'une grande qualité. Sa jeunesse lui faisait croire que c'était une fille ; mais ne lui voyant point de mère, et l'Italien qui ne la connaissait point l'appelant madame, il ne savait que penser, et il la regardait toujours avec étonnement. Il s'aperçut que ses regards l'embarrassaient, contre l'ordinaire des jeunes personnes qui voient toujours avec plaisir l'effet de leur beauté ; il lui parut même qu'il était cause qu'elle avait de l'impatience de s'en aller, et en effet elle sortit assez promptement. Monsieur de Clèves se consola de la perdre de vue, dans l'espérance de savoir qui elle était ; mais il fut bien surpris quand il sut qu'on ne la connaissait point. Il demeura si touché de sa beauté, et de l'air modeste qu'il avait remarqué dans ses actions, qu'on peut dire qu'il conçut pour elle dès ce moment une passion et une estime extraordinaires.

Madame de Lafayette

18 novembre 2009

"La mer secrète"

mer_van_gogh Mon dernier article ( la Lotte à l'armoricaine) m'a renvoyé au domaine maritime, moi qui ai cette chance immense de voir la mer, infinie, sans cesse ré-inventée, depuis ma fenêtre... Et je n'ai pu m'empêcher de songer à Jules Supervielle, poète que j'affectionne énormément, tant ses vers sont forts, limpides et prégnants... "La mer secrète" est un de mes préférés (après celui sur Marseille, bien évidemment!) et vous verrez comme ces vers vous restent en tête et continuent de chanter, même lorsque vous aurez éteint votre ordinateur... En tous cas, c'est ce que je vous souhaite!

(Tableau de Van Gogh)

La mer secrète

Quand nul ne la regarde,
La mer n’est plus la mer,
Elle est ce que nous sommes
Lorsque nul ne nous voit.
Elle a d’autre poissons,
D’autres vagues aussi.
C’est la mer pour la mer
Et pour ceux qui en rêvent
Comme je fais ici.

Jules Supervielle

20 janvier 2010

Apéritifs et mises en bouche

 

Sans titre-2

 

Apéritifs et mises en bouche

Petites bouchées


-
 Bouchées de St Jacques au fenouil confit

Bouchons savoyards   

- Cuillères estivales au caviar d'aubergines et crevettes au thym

- Cuillères de truite fumée et citron caviar

Le hérisson!

Mini-cakes à la tapenade, au thym et aux tomates confites

Mini-moelleux aux asperges

Sablés olives  noires et parmesan

- Sablés au thym et aux tomates confites

Sucettes de boudin blanc aux éclats de noisettes

 

Cakes et quiches

Cake aux olives 

Mini-cakes carottes et cumin

- Mini-cakes légumes et chorizo

Mini-quiches ultra vite faites

Muffins tomates-basilic, coeur de chèvre fondant

 

Tartelettes

Mini -tartelettes au pistou

Mini - tartelettes de poisson aux St Jacques

Mini-tartelettes saumon-vodka

- Tartelettes sablées au caviar d'olive, chèvre et noix

 

Toasts et pâtes à tartiner

Blinis ultra légers  

Caviar d'aubergines

- Caviar de poivron, citron vert et piment doux

- Pesto de courgettes au basilic

- Pesto de roquette

- Rillettes de thon légères au citron confit

- Tapenade aux olives vertes

- Toasts ensoleillés aux tomates confites et au basilic

Toasts en rose et vert

Torsades croustillantes au pavot bleu

 

Verrines

Verrines d'avocat à la vinaigrette de tomate

- Verrines de betteraves à la brousse, quelques noix

 - Verrines de courgettes au pistou, copeaux de parmesan

Verrine de panna cotta au brebis sur mousse au poivron, son asperge et sa tomate confite

What do you want to do ?
New mail
10 mars 2009

Lectures février-mars

S2PDCAEWSQG6CA49V84LCA8LYYC4CACJIM7TCAFLKN5OCA25QMQICA1PSCLCCA04OC7DCAR75K9RCAQTKV6VCAZZZLKSCA9IPZOKCAVZAPWKCAL1OAMTCAAJV82SCAOVW3RZCAA98X0BCA6SZJ07

Merci, Déborah, de toujours m'encourager à écrire sur ce blog... et à partager mes dernières lectures en cours!

Pour moi qui aime tant lire, lire et lire, il y a une sorte de pudeur à parler des derniers moments bonheurs partagés dans les pages des romans dévorés...

Et surtout, je ne suis pas critique littéraire, loin de là!

Mais, c'est vrai, j'aime aussi découvrir des bonheurs lecture sur les blogs que je visite... alors, à votre tour, si vous cherchez dans les rayons d'une bibliothèque ou d'une librairie quoi lire dans les temps prochains, qui sait?, peut-être un des titres suivants attirera-t-il votre attention... Après tout, la littérature n'est-elle pas la première richesse à partager?

Allons, trêve de verbiage! Voilà quelques-uns des titres lus ces dernières semaines (vous le verrez, c'est assez éclectique!):

- Cosmopolis de Don Delillo:

Nous partageons une journée du multimilliardaire, Eric Packer, qui sillonne la ville de New-York depuis sa limousine. Choses, gens, rues défilent, tandis que la bourse, support de l'empire d'Eric, crée une surprise sans précédent autour du yen qui s'envole.

Un roman froid, métallique, d'une noirceau extrême. Une vision de New-York âpre et sombre. Une écriture sublime et difficile, poétique et tranchante. Don Delillo est un des meilleurs auteurs américains contemporains. A ne pas conseiller aux âmes sensibles ou à la recherche d'un roman "narratif"!

- Quelque part dans le monde et Quand ce jour viendra de Claude Michelet

Aux antipodes du précédent!

Au début du siècle, Sylvestre Neyrat quitte à 17 ans sa petite ville de Tulle et le commerce familial, pour "monter" à Paris où il espère un avenir meilleur. Les petits métiers s'enchaînent: colporteur à travers la Corrèze paysanne, employé chez Félix Pottin,... jusqu'à découvrir le monde fascinant de l'entreprise Pathé et du cinéma. Il devient alors un des premiers grands reporters de cinéma, et part pour l'Amérique: canal de Panama, les grands lacs, le Chili,... Tout ce monde nouveau qu'il découvre l'éblouit. Puis il se prend de passion pour l'aviation et suit les premiers vols des frères Wright.

Dans le 2ème tome, Sylvestre continue sa vie passionnante de reporter, aux premières loges des évènements importants du siècle, lorsque la 1ère guerre mondiale éclate. Le voilà sur le front, puis prisonnier, pris dans la tourmente des évènements tragiques européens.

Bien sûr, à ces aventures, se mêle une belle histoire d'amour partagée avec une jeune aventurière, intrépide voyageuse, avec qui il promet de se retrouver toujours "quelque part dans le monde".

Ce n'est pas un grand texte littéraire, bien sûr, mais l'écriture est souple, plaisante, agile. Les péripéties sont bien menées et on se prend à suivre avec intérêt les aventures du jeune héros. Et surtout, il est passionnant de découvrir une période fascinante, pas toujours bien connue (pour moi, en tous cas!), mais riche en rebondissements et en progrès. Le point de vue sur l'Europe depuis les Etats-Unis est particulièrement intéressant, ainsi que l'histoire du cinéma qui se met en place.

- Louis XIV (2 tomes) de Max Gallo

La vie du roi Soleil, de sa naissance à sa mort, en passant par tout le faste de Versailles.

Euh, bon... que dire? Avide de romans historiques, je n'ai absolument pas aimé ce roman. La plume de Max Gallo est lourde, emphatique, redondante. Je m'y suis prodigieusement ennuyée, bien qu'intéressée par le sujet. Quel dommage!...

(D'ailleurs, si vous cherchez un fabuleux roman historique à lire, je ne peux que vous conseiller la merveilleuse série "Fortune de France" de Robert Merle. Bien sûr, il faut du temps devant soi pour dévorer les 14 tomes de la série, mais quel bonheur! Une écriture vive, alerte, une grande précision historique, aucun pédantisme, mais beaucoup d'esprit,... Bref, à lire à tout prix!)

- Moi, Milanollo, fils de Stradivarius de Jean Diwo

L'histoire d'un violon sorti des mains du plus grand luthier de tous les temps, Stradivarius, et son parcours, du 18ème siècle à nos jours, en passant par les mains des plus grands violonistes.

Un texte très intéressant, qui fait voyager au coeur de la musique et de l'histoire. Le texte est écrit du point de vue du violon, idée pertinente qui permet de mieux se plonger au coeur de la vie artiste. J'ai néanmoins regretté le style souvent négligé de certaines pages, les quelques répétitions et longueurs. A lire plutôt comme un bon documentaire romancé.

- Solal d'Albert Cohen

Solal, jeune homme juif de Céphalonie, séduit et enlève la jeune épouse du consul. Ils s'enfuient en France, mais se perdent. Solal, après quelques errances, rencontre et épouse Aude, la fille du premier ministre. Ambitieux, opportuniste, il accède aux hauts postes dans la politique, mais son passé et son enfance le rejoignent en la personne de son oncle, le truculent et pathétique Saltiel. Solal se retrouve pris entre deux mondes, le monde chrétien de son épouse et le monde juif de ses racines. Déchiré et exalté, quel choix posera-t-il?

Cette lecture a été mon grand coup de foudre de ces derniers temps. Honte à moi, mais je n'avais encore jamais ouvert une seule page d'A. Cohen. Ce roman est une merveille d'écriture, d'ironie, de force, de flamboiement et de retenue... Je ne peux que la conseiller très vivement à ceux qui aime le foisonnement, le baroque. Quant à moi, je vais m'empresser de dénicher quelque part "Belle du Seigneur" pour me replonger dans cette écriture magistrale!

- Le spectre de la rue St Jacques de J. Contrucci

Nous sommes en 1906. Un cadavre est retrouvé dans la belle propriété des Castellain, famille de notables marseillais. Aussitôt, le jeune journaliste Raoul Signoret, aidé de son oncle, chef de la police, Eugène Baruteau, part sur la trace de l'assassin...

Ce n'est pas un grand roman policier, mais j'ai pris un grand plaisir à lire ce roman qui se laisse dévorer en quelques heures. Le style est alerte, vif, malgré quelques "lourdeurs" répétitives dans les scènes entre neveu et oncle. A conseiller surtout aux marseillais, car le roman abonde en renseignements passionnants sur Marseille, ses quartiers, ses rues, le tout habilement disséminé, sans pédantisme aucun.

Ouf! J'ai encore quelques ouvrages dont je pourrai vous parler... mais je crois que mon article est bien trop long! Et surtout j'aimerais garder quelques minutes pour commencer "Sur la route" de J. Kerouac avant que Petit bonhomme ne se réveille de sa sieste! Promis, je vous en parle très bientôt!

Je vous souhaite une excellente journée... et beaucoup de plaisir de lectures!

Au plaisir de vous lire!

23 février 2009

Joli coeur pour un tag!

Merci, un grand merci à Kiki, du joli blog "C'est Kiki qui cuisine!" pour son tag et surtout son petit mot si gentil qui me va droit au coeur!

tag

Comme promis, je le fais suivre, et vous présente ainsi quelques blogs récemment rencontrés:

- Coconut qui nous propose des recettes très appétissantes et pleines de couleurs.

- DDcuisine avec ses mini-muffins très sympathqiues pour l'apéritif!

- Quand cuisine rime avec plaisir qui a des recettes superbes et des explications très détaillées

- Pascaloue pour ses paupiettes de St Jacques qui m'ont mis l'eau à la bouche!

Pardon pour tous ceux et celles qui présentent de si belles choses et que j'aimerais nommer ici... Ca se fera au fur et à mesure des pages, en reprenant recettes appétissantes et conseils avisés trouvés sur vos pages...

Bonne soirée... et bon appétit!

6 novembre 2008

Velouté de courgettes au curry, élu recette de la semaine!

recette_de_la_semaine

Un très grand merci à Joséphine, du joli blog Préparé maison d'avoir élu mon "Velouté de courgettes au curry" recette de la semaine! J'en suis infiniment touchée!

Un très grand merci également à Pich, du blog très sympa Pich à la fraise d'avoir élu mon "gratin de courge Butternut" recette de la semaine! J'en suis aussi très touchée!

Je ne vais pas suivre la chaîne, l'ayant déjà fait avant-hier (pour voir mes plats "coups de coeur", c'est ici!)

Bien amicalement à tous.

18 décembre 2008

"La terre est bleue comme une orange"

la_terre_est_bleue Pendant que je cuisinais mon fondant à l'orange, l'autre jour, chantait dans ma tête ce vers d'Eluard que j'affectionne tout particulièrement "La terre est bleue comme une orange". J'ai alors eu envie de relire ce très grand poète qu'est Eluard... et j'en profite pour vous partager ce petit bonheur de lecture! Un peu de surréalisme ne fait pas de mal, n'est-ce pas?

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.


Paul ELUARD, L'Amour la poésie (1929)

13 décembre 2010

"Pêcheurs d'Islande"

Sta_l_mer  Suite à mon post sur les Mini-tartelettes au poisson et St Jacques, j'ai eu envie de vous proposer un extrait de "Pêcheurs d'Islande" de Pierre Loti. C'est un roman très fort, qui évoque les drames des pêcheurs bretons. L'atmosphère est sombre, lourde, et Pierre Loti décrit avec talent ces familles de pêcheurs qui attendent longtemps le mari ou le père parti en mer et qui ne reviendra plus, mais qu'on guette toujours, dans le refus d'un deuil perpétuellement craint, jamais admis.

(Illustration: Nicolas de Staël (décidément, je je ne m'en lasserai jamais!)

Pêcheurs d'Islande

Il ne faisait même pas absolument nuit. C'était éclairé faiblement, par un reste de lumière, qui ne venait de nulle part. Cela bruissait comme par habitude, rendant une plainte sans but. C'était gris, d'un gris trouble qui fuyait sous le regard. - La mer, pendant son repos mystérieux et son sommeil, se dissimulait sous les teintes discrètes qui n'ont pas de nom.
Il y avait en haut des nuées diffuses ; elles avaient pris des formes quelconques, parce que les choses ne peuvent guère n'en pas avoir ; dans l'obscurité, elles se confondaient presque pour n'être qu'un grand voile.
Mais, en un point de ce ciel, très bas, près des eaux, elles faisaient une sorte de marbrure plus distincte, bien que très lointaine ; un dessin mou, comme tracé d'une main discrète ; combinaison de hasard, non destinée à être vue, et fugitive, prête à mourir. - Et cela seul, dans tout cet ensemble, paraissait signifier quelque chose ...

Pierre Loti

3 mars 2010

Un lac de chocolat!

Charlie_et_la_chocolaterie  En réalisant mes Sablés à la fleur de sel de Guérande et surtout en croquant dans leur coeur coulant de chocolat, j'ai immédiatement pensé à cet extrait d'un roman de jeunesse que j'avais adoré enfant, au point de le lire de nombreuses fois! Il s'agit du désormais classique "Charlie et la chocolaterie". N'hésitez pas à le lire et à le faire lire à vos enfants! Charlie, un petit garçon miséreux, gagne un concours et est invité avec d'autres enfants dans la mystérieuse chocolaterie de Willy Wonka, où personne n'a jamais mis les pieds... Dégustations savoureuses, péripéties chocolatées, situations cocasses,... ce roman se dévore de bout en bout!

(J'ai vu le film réalisé voilà quelques années par Tim Burton: très bon film, mais, à mon avis, rien ne vaudra jamais l'imagination d'un enfant qui rêve toutes ces scènes au fil des pages du livre... N"hésitez donc pas à le lire d'abord... quitte à confronter après votre imagination aux images du film...!!)

(Illustration: première de couverture de l'édition Folio)

Un lac de chocolat

"Le prince Pondichéry écrivit à Mr Willy Wonka, dit grand-papa Joe, pour lui demander de venir d'urgence en Inde, afin de lui bâtir un immense palais tout en chocolat.

  - Et Monsieur Wonka l'a-t-il bâti, grand-papa ?
- Il l'a bâti. Et quel palais ! Il avait une centaine de chambres et tout y était en chocolat, tantôt clair, tantôt sombre ! Les briques étaient en chocolat, le ciment qui les faisait tenir était en chocolat, les fenêtres étaient en chocolat et tous les plafonds étaient faits de chocolat ; ainsi que les tapis, les tableaux, les meubles et les lits ; et quand on ouvrait les robinets de la salle de bain, il en coulait du chocolat chaud.

  "Lorsque tout fut terminé, Mr Wonka dit au prince Pondichéry:" Mais je vous préviens, tout cela risque de ne pas durer longtemps, vous feriez donc mieux de le manger sans trop attendre"
"Insensé! hurla le prince. Je ne mangerai pas mon palais ! je ne grignoterai même pas l'escalier, je ne lécherai même pas les murs ! Je m'y installerai !"
"Mais naturellement Mr Wonka avait raison, car peu après , il y eut un jour de très grande chaleur. Le soleil cuisait fort et tout le palais se mit à fondre, puis à s'écrouler en douceur, et ce fou de prince qui somnolait dans la salle de séjour se réveilla, flottant au milieu d'un grand lac brun et onctueux, un lac de chocolat."

Roald Dalh

14 septembre 2010

"Les premières fèves"

V_ron_se  Ma tartine fraîcheur aux fèves m'a fait penser à un texte de Claude Pujade-Renaud: l'auteur parle d'une grand-mère face à son petit-fils et confronte leurs deux visions de l'alimentation... C'est l'occasion pour Eglantine d'un retour nostalgique sur les fèves de son enfance...

(Illustration: Lucrèce, de Véronèse, un de ses plus beaux exemples de maîtrise la couleur verte... le vert Véronèse bien sûr!)

Les premières fèves

Automne 2017. Eglantine a quatre-vingt-quinze ans. Gilles neuf.
- Mais voyons, grandma, il faut réfléchir, et surtout compter, avant de manger!
Gilles désigne ce qu'Eglantine appelle encore, serètement, camembert. Le terme a disparu des emballages, lesquels n'indiquent plus que les composants...
- Si tu prends cette portion, tu vas avoir une surcharge en lipides, compte tenu de ta taille, de ton poids et de ...
-... et de mon âge!
Elle s'en moque de la surcharge lipidique, Eglantine! Elle a fini par s'habituer aux doctes discours de son arrière-petit-fils. Dès la maternelle, il a appris à calculer la composition de chaque aliment. (...) Eglantine refuse d'entrer dans cette obsession. Elle veut encore se souvenir. Le goût et le le langage se nourrissent l'un de l'autre. L'odeur tonique de l'oignon qu'on fait suer - elle chérit ce terme - dans un mélange de beurre et d'huile. Des aubergines: elle prenait plaisir à caresser leur violet lustré, puis, après les avoir coupées en lamelles, les laissait dégorger sous une legère couche de sucre afin d'en adoucir l'âcreté. Au printemps, une fricassée de jeunes asperges mélangées à de petits fonds d'artichauts, quel bonheur! Au printemps également, les premières fèves. Eglantine caressait le duvet blanc qui feutrait l'intérieur de la cosse, puis elle arrosait d'un filet de citron les menus galets d'un si joli vert, et si tendres.

CLaude Pujade-Renaud "Sous les mets les mots"

30 janvier 2013

Un professeur de chocolat!

En lien avec mon post précédent (La mousse au chocolat expliquée aux enfants), voici une citation de Roald Dahl (auteur génial s'il en est!) qui m'a beaucoup plu et que Petit Bonhomme, fier petit cuisinier, a approuvé tout de suite quand je la lui ai lue...!

Evidemment, que les professeurs d'histoire ne fassent pas une levée de boucliers contre cet article, ils ne sont pas en cause... c'est le chocolat et uniquement lui qui nous fait répéter ces bêtises!


(Illustration: un "professeur de chocolat" bien sympathique en la personne de Johnny Depp dans le film de Tim Burton!)

 

Professeur de chocolat

« Si j’étais directeur d’école, je me débarrasserais du professeur d’histoire et je le remplacerais par un professeur de chocolat; mes élèves étudieraient au moins un sujet qui les concerne tous. »

Roald Dahl

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