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Mots et mets
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Mots et mets
7 octobre 2008

Moelleux au chocolat et sa crème anglaise

Les gâteaux au chocolat sont bien nombreux, sur le net, dans les livres, dans les traditions de chacun... Mais tant pis! A mon tour de vous livrer cette petite recette pauvre en farine... mais riche en chocolat! Avis aux gourmands!!

Moelleux_au_chocolat

Ingrédients (pour 6 pers.):

Pour le gâteau:

- 100 gr de chocolat à pâtisser noir
- 100 gr de chocolat "extra noir"
- 100 gr de beurre
- 125 gr de sucre en poudre
- 5 oeufs
- 2 grosses cuillères à soupe de farine
- 1 pincée de sel
- 1/2 sachet de levure

1) Faire fondre au bain-marie le chocolat cassé en morceaux et le beurre.
2) Dans une terrine, mélanger les oeufs et le sucre.
3) Ajouter la farine, la levure et la pincée de sel.
4) Ajouter le mélange beurre-chocolat fondu et bien tout mélanger.
5) Beurrer un moule et y verser la préparation. Enfourner th. 190, environ 20 min.

Le p'tit truc: On peut ne mettre qu'une cuillère de farine et pas de levure pour un effet plus "fondant au chocolat".

Pour le crème anglaise:
- 1/2 litre de lait
- 4 jaunes d'oeufs
- 100 gr de sucre en poudre
- une gousse de vanille

1) Faire bouillir le lait avec la gousse de vanille fendue en deux.
2) Melanger les jaunes et le sucre, jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
3) Y incorporer, hors du feu, le lait bouillant, après avoir ôté la gousse de vanille.
4) Reverser dans la casserole et faire chauffer sur feu doux en remuant sans cesse. Dès que la crème s'épaissit, ôter du feu et laisser refroidir en mélangeant de temps en temps pour éviter qu'une petite peau ne se forme sur le dessus.

Le p'tit truc: Ne surtout pas faire bouillir sinon la crème tourne tout de suite!

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6 octobre 2008

Feuilles de brick au chèvre et aux courgettes

Des petits feuilletés à base de feuilles de brick, qui peuvent faire aussi bien une entrée "sans chichi" (!), qu'un plat du soir avec une bonne salade verte!

Feuilles_de_brick

Ingrédients (pour 2 pers.):

- 2 feuilles de brick
- 2 ou 4 petits chèvres frais
- 2 courgettes
- 1/2 oignon
- 1 c. à soupe d'huile d'olive
- 2 tomates
- quelques pignons de pin
- Ciboulette
- 2 tranches de jambon cru
- 15 gr de beurre

1) Râper les courgettes et l'oignon finement. Les faire revenir dans l'huile d'olive quelques minutes.
2) Etaler les feuilles de brick et les couper en deux.
3) Garnir chaque moitié de feuille de brick avec la préparation de courgettes/oignon, les tomates coupées en petits morceaux, le chèvre, les pignons, le jambon cru émincé. Ajouter un peu de poivre et de la ciboulette.
4) Replier les feuilles de brick et les enduire de beurre fondu au pinceau.
5) Enfourner à 190°, environ 10 min. Déguster tièdes!

Le p'tit truc: Ne pas trop saler, le chèvre et le jambon cru s'en chargent!

6 octobre 2008

La madeleine - Marcel Proust

Evidemment, après avoir cuisiné des madeleines, vous ne pensiez tout de même pas éviter un peu de Proust?! Si, si, je vous assure, une fois que l'on est entré dans le méandre de sa pensée et de ses longues phrases, on ne peut plus s'en détacher! Ce texte est archi-connu... mais il décrit merveilleusement bien un phénomène que tout homme expérimente un jour: les territoires cachés de la mémoire! (Et ce texte me touche d'autant plus qu'ici, c'est un simple gâteau "court et dodu" qui va mettre en branle tout l'édifice du souvenir!... Le goût comme révélateur du passé enfui, c'est beau, non?).

"Il y avait bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle? Que signifiait-elle? Où l’appréhender? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi. Il l’y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l’heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C’est à lui de trouver la vérité; Mais comment? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher? pas seulement: créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière.(...)

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir."

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

2 octobre 2008

Madeleines à la fleur d'oranger

Hier, en me promenant sur le site de Mercotte que j'aime beaucoup, j'ai trouvé deux recettes de madeleines. C'était parfait pour mon petit atelier cuisine du mercredi avec les enfants, qui sont des grands fans de ce délicieux gâteau bombé...!

Madeleines_1Mercotte présentait deux recettes: j'ai choisi la première, celle de Sophie Dudemaine, la plus simple et la plus vite faite (deux paramètres importants avec mes deux petits bouts!).
Merci Mercotte! Ces madeleines sont effectivement inratables et très vite faites!
Seule petite remarque: la prochaine fois, je tenterai avec du miel, comme le conseille Mercotte, afin de les rendre encore plus moelleuses!

Ingrédients (pour environ 25 madeleines):

- 120 gr de beurre (Sophie parle de "beurre salé", mais je n'en avais pas sous la main!)
- 3 oeufs
- 120 gr de sucre
- 120 gr de farine
- 1 c. à café de levure
- 1 p. de sel
- 3 c. à soupe de sirop de fleur d'oranger

1) Mélanger la farine, la levure, le sucre et les jaunes d'oeufs dans le robot.
2) Fouetter les blancs à la fourchette et les ajouter à la préparation.
3) Ajouter le beurre fondu et la fleur d'oranger.
4) Remplir des moules à madeleines. Enfourner: 3 min à 240°, puis 3 min à 180°.
Déguster tièdes... avec un thé à la bergamote, bien sûr!

Le p'tit truc: Sophie Dudemaine met du jus d'orange dans sa recette... J'ai remplacé ici par du sirop de fleur d'oranger, pour moi intimement lié au goût fondant de la madeleine
!

Madeleines_2

Merci Mercotte: les enfants... et leurs doudous se sont régalés!

Madeleines_3

Le meilleur... c'est quand elles sortent du four et qu'elles sont toutes chaudes et fondantes... Hum!...

Madeleines_3

2 octobre 2008

"Parfum exotique " de Baudelaire

Mon message précédent (mousse noix de coco-citron vert) m'a donné des envies d'exotisme... et comme la période n'est pas aux voyages (!), je suis retournée ouvrir mon cher Baudelaire pour vous offrir ce poème à lire les yeux fermés (si, si, il suffit d'essayer!).

Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

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