Aujourd'hui, il pleut, il pleut, il pleut encore! Il faut dire qu'à Marseille nous ne sommes guère habitués à cette eau tombée du ciel ! Ou alors nous connaissons les trombes d'eau qui envahissent les rues de la ville et retiennent les habitants chez eux, au chaud et au sec.

Comme mes enfants me demandaient des chansons sur la pluie (il faut s'occuper par un mercredi pluvieux!), m'est revenu en mémoire ce poème amusant de Queneau (il faut lire Queneau au moins une fois dans sa vie, ce jongleur de mots, ce poète du quotidien, qui rend à chaque chose quotidienne une place décalée dans la vie de tous les jours). Je vous le livre pour vous faire sourire de l'autre côté de l'écran et vous faire entendre - si vous prenez le temps de le lire à haute voix! - le bruit des gouttes d'eau, calmes et plates au début du poème, puis rapides et saccadées ensuite, par la simple rythmique des mots (il est trop fort, je vous le dis!!).

Il pleut

Averse averse averse averse averse averse

pluie ô pluie ô pluie ô ! ô pluie ô pluie ô pluie !

gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau

parapluie ô parapluie ô paraverse ô !

paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie

capuchons pèlerines et imperméables

que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !

mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau

et que c’est agréable agréable agréable !

d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides

tout humides d’averse et de pluie et de gouttes

d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte

pour protéger les pieds et les cheveux mouillés

qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser

à cause de l’averse à cause de la pluie

à cause de l’averse et des gouttes de pluie

des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse

cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond Queneau, Les ziaux