Petite chronique ordinaire autour du départ d'un grand Monsieur...

L'Immortel n'était pas éternel...


Ainsi vous voilà parti, monsieur d'Ormesson, sans vraiment avoir eu le temps de nous dire " au revoir et merci"! On sait que les gens ne sont pas éternels et qu'ils passent, comme passe " Le vent du soir"... Mais à force de vous voir sur les plateaux de télévision, l'œil pétillant, répéter que "L'amour est un plaisir", on vous pensait là pour toujours, et "C'était bien". J'ai lu vos romans, votre écriture est belle, limpide, parfois trop classique peut être? Et on pourra toujours s'y replonger avec plaisir, comme une "Conversation", un tête à tête avec vous... Mais ce qui me manquera le plus, c'est une manière d'être au monde que vous aviez, et qui n'appartenait qu'à vous, cet art du "Presque rien sur presque tout" dans la conversation, cette culture immense qui m'impressionnait chaque fois que je vous écoutais, cette élocution précise aux mots choisis, ces vers, ces phrases que vous pouviez citer aisément, et toujours à propos. Bien sûr, on a beaucoup parlé de votre côté trop cabotin, de votre image de grande famille égarée en ce siècle, on a répété que, comme Casimir, vous avez mené "La grande vie", et que vous étiez à côté de la vraie vie. Je crois au contraire que vous étiez dedans, pleinement, donnant au monde ce qu'il peut avoir de meilleur: la connaissance des mots des autres... Longtemps je regretterai de ne jamais vous avoir croisé... Et je me dis, vous réalisant parti, que " C'est une chose étrange, à la fin, que le monde"..