Il y a bien longtemps que je n'ai plus partagé avec vous quelques-unes de mes lectures... Vous cherchez des livres pour l'été? Voilà quelques pistes!

 

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

La narratrice, écrivain à succès, traverse une période difficile dans l'écriture de son nouveau roman. Elle rencontre alors L., personnage mystérieux, avec laquelle elle devient rapidement amie. L. va envahir sa vie, petit à petit, finissant par habiter chez elle, répondre à ses courriers, jusqu'à usurper presque totalement son identité. Jusqu'où cela peut-il aller? Un thriller psychologique, de nombreuses fois primé, qui laisse planer jusqu'au bout l'ambiguïté et propose une jolie réflexion sur la création littéraire.

"Je sais que L. est quelque part, pas si loin. Elle se tient à distance. Je sais qu'un jour elle reviendra." (p.477)

 

Parle mon fils, parle à ta mère de Leïla Sebbar

Une discussion entre une mère arabe qui vit recluse dans une cité de la banlieue parisienne et son fils devenu homme, qui est passé boire le thé et embrasser sa mère. C'est surtout la mère qui parle, qui raconte son quotidien, quelques souvenirs du passé, le rôle des filles dans la société,... Un roman remarquablement bien écrit.

 "J'ai tout lu, toutes les nuits, et quelques fois, mais je ne t'ai jamais dit, j'avais lu celles que tu me racontais le soir... J'aimais encore plus parce que ce n'était pas pareil avec ta voix et les mots en arabe, c'était beau..." (p.41)

"La mère revient. Il est debout. Elle le regarde, s'approche de lui sans le toucher, elle lui dit: "Ecoute, mon fils, écoute ce que je dis, mon fils, écoute-moi bien, tu es beau, tu es peut-être le plus beau, c'est vrai, mais n'oublie pas, tu as une âme". (p.96)

 

Quant au riche avenir de Marie Ndiaye

Le récit d'un morceau de vie d'un adolescent, appelé Z, qui, orphelin, vit chez Tante, et tombe amoureux d'une jeune fille futile. On suit les pensées et digressions de Z, fluctuantes.

Le jour venu, le jeune Z s'habillait avec soin, il savait que son amie attachait une importance extrême à l'apparence. S'il s'agissait là d'une particularité que le jeune Z d'un naturel tolérant (...) eût préféré voir absente de son caractère, il l'acceptait toutefois, en vertu de cette même tolérance, et choisissait les éléments de sa toilettes de telle sorte qu'aucun ne la heurtât." (p.24)

 

Alabam Song de Gilles Leroy

La vie de Zelda Fitzgerald, racontée de façon saccadée, comme si on était dans la tête de Zelda. Tourbillon de fêtes comme de déceptions, brûlures de l'alcool et de la drogue. Un roman âpre et fort.

"Oh! Le silence! Le silence des interstices! Le grand blanc qui s'immisce et vient panser d'ouate et d'éther la fêlure de nos têtes." (p.25) 

Bonne lecture à tous!