09 août 2016

Rencontre en alpage avec Jean Sulpice!

 

Jean Sulpice 1_modifié-1

Petite chronique ordinaire d'une blogueuse en vacances qui rencontre un (très) grand chef!

Les fascicules des offices du tourisme m'amusent toujoursbeaucoup... Entre pots d'accueil avec génépi et accordéon, horaires d'ouverture de la piscine et des remontées mécaniques, fête à la saucisse et aux artisans d'art (et de cochon!), les informations délivrées ne sont pas toujours passionnantes. Mais voilà qu'au fin fond de la Vanoise une petite annonce attire mon attention: "Venez découvrir les herbes de nos montagnes avec Jean Sulpice". Comment?!! Jean Sulpice, himself? ... Allons donc, il doit y avoir un piège! Soit nous serons 3000 autour du chef et il ne sera accessible qu'à la jumelle spéciale chamois, soit c'est un sosie, soit la gratuité de la sortie annoncée est un blague de mauvais goût, soit... Bon, d'accord, allons voir!

... Et bien, j'avoue, mes pronostics étaient entièrement faux et nous avons passé un merveilleux moment autour de ce très grand chef! Rendez-vous à 15h dans un petit hameau qui à lui-seul valait le détour. Arrivée de Jean Sulpice, simple, souriant, décontracté. Rapidement, il se présente, avec une grande humilité, et annonce que nous sommes tous là (une cinquantaine de personnes, pas 3000, ouf!) pour nous rencontrer, échanger, bavarder.

Puis la balade démarre et tout de suite il cueille quelques plantes, nous les présente, nous les fait goûter. En voilà 3 qui m'ont particulièrement marquée: la myrrhe, très odorante, au goût anisé et très frais; l'achillée mille feuilles, au goût légèrement amer; la berce au goût très fort de clémentine, la plus surprenante à mon avis et celle que j'ai le plus envie d'essayer rapidement en cuisine (ce doit être merveilleux avec du poisson blanc!).

Au bout de 3/4 d'heure de marche et de jolies explications autour des plantes et des fleurs, nous arrivons dans un alpage: l'équipe de l'Oxalys a dressé une tente et une cuisine de plein air. Là, Jean Sulpice revêt sa veste de chef, immaculée, et cuisine devant nous deux recettes à base de beaufort, spécialement créées pour cette rencontre: un chaud-froid de tomates et beaufort et des plines au beaufort et herbes de la montagne. Je n'ai pas les recettes exactes, mais je vous partage ce que j'ai noté et tous les conseils que le chef nous a donnés:

Jean Sulpice 2

Le chaud-froid de tomates et beaufort

Cette verrine est composée d'une crème de beaufort (faire bouillir la crème, puis, hors du feu, ajouter le beaufort coupé très finement. Il ne faut surtout pas faire bouillir le beaufort qui sinon devient élastique et pâteux), de tomates (merveilleuses!) coupées en morceaux, de graines de courge légèrement torréfiées, d'une tuile de Beaufort et d'un mélange d'herbes: pimprenelle (une herbe au goût de noix), oxalys, achillée mille feuilles.

L'ensemble est merveilleux, extrêmement parfumé. Rien ne l'emporte et tout se marie très bien. Le croquand de la tuile répond au crémeux du beaufort et au moelleux des tomates. Les herbes subliment le tout. Un grand moment de dégustation!

 

Jean Sulpice 3

Les plines de beaufort

Il s'agit de fines ravioles (pâte composée de jaune d'oeuf et de farine), garnies d'une crème de beaufort. Pour travailler correctement la crème de beaufort, le chef met de la gélatine dans sa crème. En chauffant pendant la cuisson de la raviole, la gélatine va fondre et le crème de beaufort sera coulante en bouche. Les ravioles sont pochées 1 min dans l'eau frémissante, puis rapidement trempées dans un beurre clarifié mêlé d'herbes (menthe, cerfeuil, ciboulette, estragon, aneth).

Là aussi, et même si nous avons préféré la 1ère préparation, c'est un grand moment de dégustation et les saveurs explosent en bouche.

Il est 19h, le soleil décline sur la montagne, nimbant le Mont Blanc de ses rayons rosés... Nous avons passé une merveilleuse après-midi...

Jean Sulpice est toujours aussi souriant. Il répond à nos questions avec une patience infinie, soucieux de transmettre, de partager, avec beaucoup de bonne humeur et d'humour.  Il est simple, accessible à tous, et sa gentillesse est aussi émouvante que la saveur de ses plats...

Aujourd'hui j'ai rencontré un très grand chef: merci Jean Sulpice!

Et un grand merci au syndicat du Beaufort qui a permis cette belle rencontre sur les alpage autour de ce merveileux fromage de Beaufort! Vous pouvez trouver leur site ici: http://www.fromage-beaufort.com/fr/index.aspx

 

 

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22 novembre 2015

Résister...

Petite chronique ordinaire d'une période qui ne l'est guère...

Il paraît que je suis une résistante... J'ai entendu ça hier matin sur France Inter: une semaine après les attentats, les français entrent en résistance et vont au théâtre. Ainsi, une sortie qui, quelques jours auparavant passait pour du simple divertissement, une soirée de détente, un bonheur littéraire, devient acte de résistance! Le monde marche donc bien à l'envers... C'est vrai, impossible de ne pas y penser au moment de se préparer pour sortir et d'embrasser les enfants en partant, impossible de ne pas y penser en marchant dans la rue et en entrant dans le joli théâtre du Jeu de Paume, impossible de ne pas y penser, bien sûr, devant "Le conte d'hiver" de Skakespeare, histoire d'un homme qui est envahi par la folie au point de tuer ses proches aveuglément (toute ressemblance avec l'actualité...). Et devant cet homme qui se repent,  qui souffre au point de réussir à redonner vie à ses victimes, on se prend à rêver que la vie puisse devenir théâtre... Impossible de ne pas y penser aussi devant les paroles, fortes et bouleversantes de Philippe Car, le metteur en scène, debout avec le public, uni et traversé par le souffle de l'émotion...

Bien sûr, impossible de sortir "comme avant"... Mais de là à me voir comme une résistante, non! Les mots ont leur force qu'il faut leur garder, et s'en travestir les affaiblit, tout comme la réalité qu'ils dépeignent. Non, je ne suis pas une résistante, j'essaie juste de continuer à vivre, librement...

Posté par Hele Helde à 21:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

29 avril 2013

Petite chronique ordinaire d'une provinciale chez Conticini et Pierre Hermé

Paris 1

 Un week-end à Paris en amoureux... depuis que nous en rêvions! Les enfants chez les grands-parents, les billets réservés, les valises remplies de chauds lainages (dame, on "monte" à Paris!)... nous voilà enfin à la gare de Lyon pour trois courtes mais belles journées dans la capitale: "A nous deux, Paris!"

Voilà donc un petit partage autour des Mots et des Mets (je vous éviterai les visites, les musées, les flâneries,... qui n'ont d'intérêt que pour ceux qui les ont vécues!...).

Du côté des mets:

Un gros petit déjeuner le matin, pas de repas à midi, mais un bon goûter gourmand dans l'après-midi, qui nous a permis de découvrir quelques belles adresses où nous rêvions d'entrer!

Le premier jour: "La pâtisserie des rêves", de Philippe Conticini!

 

conticini

Boutique bientôt mythique, pâtissier tellement médiatique... A première vue, une boutique ultra séduisante où les gâteaux sont mis en scène, présentés comme des objets précieux enchâssés dans leurs vitrines. Mais hélas, petite déception en s'approchant: Un magasin pas très propre (sol sale,  vitrines pas très nettes,..) et des gâteaux exposés qui ont visiblement trop attendus avant d'être changés: la crème du mille-feuille a séché et craquelle par endroits, les tartes ne sont pas aussi nettes qu'on l'attendrait en tel lieu... Petit bémol aussi concernant les vendeuses, très froides et vite impatientes. Quel dommage dans un endroit dédié à la gourmandise! Peut-être sommes-nous tombés un mauvais jour? Mais nous en repartirons légèrement déçus... Côté goût: nous nous laissons tenter par le fameux Paris-Brest, élu meilleure pâtisserie de Paris. Là, ouf!, pas de déception, mais un grand moment plaisir: la pâte à choux est parfaite, la crème onctueuse et légère à la fois. Une belle dégustation!

Le 2ème jour: "Hugo et Victor" (incontournable pour une blogueuse gourmande de chocolat comme de littérature, hein?!)

Hugo et Victor

 

La boutique est superbe, très soignée, et les matérieux comme les éclairages sont d'une belle élégance. Les pâtisseries sont présentées comme des bijoux sertis dans des écrins. Elles sont joliment travaillées et on admire la présentation de chaque pâtisserie. Petit bémol une fois de plus sur la vendeuse qui s'est occupée de nous: par pitié, Mesdames, dans une boutique comme celle où vous travaillez, laissez-nous le plaisir de tout regarder, c'est le meilleur moment que celui du choix! Accueil très froid et impatient, alors que nous sommes seuls dans la boutique: c'est dommage. Côté goût, nous nous sommes laissé tenter par des demi-sphères caramel-chocolat aux fruits de saison: un très joli visuel, le chocolat est brillant, les intitulés prometteurs. Petite déception à la dégustation: on s'attendait à plus de finesse. Les parfums ne sont pas clairs en bouche et les arômes se confondent. Les promesses du visuel ne comblent pas les papilles. Mais nous n'avons pas goûté les pâtisseries.

3ème jour: Nous terminons en beauté par l'incontournable Pierre Hermé!

Pierre Hermé

La boutique peut sembler plus simple que les deux précédentes, mais elle est pleine de vie et de gourmandise. La présentation des gâteaux est superbe et dès le premier coup d'oeil nous savons que le choix sera difficile. Les pâtisseries sont très belles, très joliment dressées et toutes débordent de générosité et de gourmandise. L'accueil est cette fois excellent et les vendeuses formidables de gentillesse et de sourire: quel bonheur!

Côté dégustation: le choix est tellement difficile que nous faisons les vrais gourmands (bon, on n'a rien mangé depuis tôt ce matin, il est 17h et nous avons marché toute la journée...!): nous goûtons une "tarte Miraflorès": la pâte est parfaite, les fruits très parfumés et le poivre rouge donne une saveur inédite et parfaitement équilibrée à l'ensemble. Moi qui étais plus sceptique sur cet assemblage, me voilà conquise! Ensuite: "Tarte infiniment vanille": un émerveillement! On a envie de plonger dans douceur de cette pâtisserie. Le visuel est parfait et le goût aussi: une pâte craquante, une double crème onctueuse et terriblement légère... On voudrait juste avoir la recette et le coup de main, là, tout de suite, pour essayer de refaire une telle merveille! Enfin, nous terminons par un "2000 feuilles": je crois qu'il s'agit de la meilleure pâtisserie jamais mangée de ma vie! Un feuilletage parfait, une crème légère et terriblement parfumée, un équilibre sensationnel sur l'ensemble. Un bilan exceptionnel pour ce grand monsieur de la pâtisserie!

M. Hermé, si d'aventure vous décidiez un jour d'ouvrir les portes de votre cuisine à quelques gourmands, juste pour le plaisir des yeux, juste pour le bonheur des papilles, surtout faites-moi signe!....

Je voudrais terminer cette petite balade gourmande en vous partageant un joli moment clin d'oeil: un couple, assis à la terrasse des "deux magots", plus tout jeune et tout amoureux, complices comme seuls peuvent l'être ceux qui ont déjà tant partagé. Il est 18h et sous un doux soleil  de printemps, ils partagent avec un bonheur visible une assiette avec un beau camembert, fait à point, et deux verres de vin rouge... Belle image de gourmandise, toute simple, mais tellement évidente...

 

Du côté des Mots:

Il y aurait tant à dire! Paris, capitale des Lettres et de quelles lettres! Le verbe est partout et la rime volette en tout coin de la ville! Du fin fond du Louvre jusqu'aux ruelles de St Germain, dans les tasses du Thé des écrivains jusqu'aux chambres d'un hôtel aux noms d'auteurs, tout respire la littérature et la jouissance des mots. Bonheur de flâner, jusqu'à plus soif, dans les traces de ceux qui ont pensé, qui ont dit, qui ont écrit... 

 

les mots

 

Petit clin d'oeil de fin: à Paris la poésie est partout pour qui sait la voir. Sur les quais de la gare, on peut voir des bornes où est inscrit: "Achat - retrait - échange". Certaines lettres ont été effacées par le temps ou le vandalisme, qui, l'un comme l'autre, font parfois bien les choses... Sur l'une des bornes, il reste: "_chat - _et_ait - __ange": "chat était ange": si cela n'est pas de la poésie pure!

Pas de doute, Paris sera toujours Paris!

rue du bac

Merci de votre fidélité et de votre passage!

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11 juin 2012

Voilà, c'est arrivé!

Petite chronique ordinaire d'un soir de printemps

Voilà, c'est arrivé...

Cela fait maintenant huit ans que chaque soir, en passant dans le couloir qui mène à notre chambre, nous déposons un petit baiser sur le front de trois petits loups sagement endormis...

8 ans à changer les ampoules des veilleuses, à changer les veilleuses aussi ("elle éclaire trop", "elle n'éclaire pas assez", "Maman, il y a des ombres bizarres dans ma chambre... si, si, je t'assure, avec cette nouvelle lampe il y a une vache qui se promène sur mon plafond!"....)

8 ans à remonter une couverture, à ôter un livre entre les mains endormies, à ramasser un doudou qui profite d'un sommeil innocent pour aller visiter les moutons sous le lit...

8 ans à maugréer qu'une fois de plus la chambre n'est pas rangée, que, zut!, on a oublié les vêtements pour demain et que cela va encore être la course, que aïe! il y avait un petit légo qui traînaît par terre et qu'on se l'est pris, juste sous le pied, là où ça fait bien mal, que vraiment c'est sûr ce week-end on accroche les rideaux cousus depuis un mois...

8 ans à chasser les loups cachés dans les armoires, faire déguerpir l'ours planqué sous le lit, barricader les fenêtre contre les voleurs d'Ali Baba, vérifier que vraiment, non vraiment, il n'y a pas de fantôme dans le bureau...

8 ans à marcher sur la pointe des pieds pour rejoindre notre chambre, passant comme des sioux devant trois portes entr'ouvertes ("Ne ferme pas, Maman, j'aime entendre quand Papa rentre", "Ne ferme pas, j'ai un peu peur",...) et déposer, furtivement, un tendre baiser sur une mèche qui dépasse...

... et puis voilà, ce soir, surprise, étonnement, 3 portes fermées. Ma grande: "Tu comprends, je veux lire tranquille et ne veux pas entendre de bruits", mon Bonhomme: "Ca y est, je n'ai plus peur! Tu peux fermer ma porte?", Ma Choupinette: "Moi aussi, j'ai trois ans maintenant, je veux la porte fermée comme les grands..."

Le couloir paraît grand et vide dans le soir qui tombe. Je résiste à l'envie d'aller voir, juste une fois, juste une, on ne sait jamais... Si ils s'étaient découverts? Et si Doudou était par terre? Et s'ils dormaient le nez dans une BD?...

Nous nous retrouvons tous deux dans le couloir, amusés et un peu vides quand même, devant ces trois portes qui renferment les rêves de nos enfants... Dormez bien,...  mes grands!

Posté par Hele Helde à 20:46 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

03 décembre 2009

Croquis à croquer!

Petites chroniques ordinaires...!

Billets d'humeur et d'humour, cueillis au jour le jour...

Chers vous tous,

Aujourd'hui je commence une nouvelle chronique! Je m'étais pourtant promis, voilà une grosse année, quand ce blog a commencé, de ne parler que cuisine et littérature... et voilà que le temps a passé, que petit à petit des liens se sont créés via le net avec certains d'entre vous, que j'aime aller vous lire et que je sais que certains reviennent régulièrement, ce qui me cause toujours un immense plaisir! Alors me vient parfois l'envie de partager un peu plus avec vous, quelques petits bonheurs croisés çà et là, des grosses colères parfois (le moins possible!), des étonnements et des grands émerveillements, glanés, par ci, par là au fil des jours et des saisons...

Et pour commencer aujourd'hui, un coup d'humeur (mon Chéri peut témoigner!) sur un sujet bien actuel... la vaccination anti-grippe A!!

Loin de moi l'idée de toute polémique sur "se faire vacciner ou pas", je laisse à d'autres le soin de le faire, là n'est pas mon propos, et j'estime que chacun est capable de se faire sa propre opinion en fonction de sa santé, son désir, son vécu, son médecin, etc...! Allons donc au but:

Chronique ordinaire d'une mère de famille décidée à faire vacciner ses enfants!

Etape 1: Voilà une dizaine de jours, étant asthmatique sévère, je reçois mon petit bon pour aller me faire vacciner... A cette époque-là, les médias parlent chaque jour de centres déserts et de médecins sous-employés... Sereine et détendue, je me rends donc tranquillement vers le centre qui m'a été attribué... et qui n'existe pas! Toujours motivée quand même, je repars direction le 2ème centre noté sur ma feuille de route! Là, un couloir rempli de monde, des gens qui attendent depuis déjà 2h, des "prioritaires" qui passent devant tout le monde, des gens qui se battent pour des histoires d'ordre de passage! Un grand moment de folklore! 4h d'attente, mais, ouf!, je suis la dernière à passer! (Entre temps, il a fallu que j'appelle les grands-parents pour récupérer les enfants à l'école (pas question de perdre mon tour, merci les Parents!). Me voilà donc vaccinée... et nous commençons à réfléchir en couple à la vaccination de nos enfants.

Etape 2: Nous sommes décidés à faire vacciner les deux "grands", mais nous n'avons toujours pas reçu les bons... Coup de fil à la sécu pour savoir ce qui se passe; réponse: "Mais c'est à vous de venir les chercher!" J'ai un peu autre chose à faire (la Poste eût tout de même été plus pratique!) mais, pleine de bonne volonté, mercredi, j'accompagne Poussinette à la danse et j'arrive naïvement à la sécurité sociale... Là, 35 personnes font la queue devant l'unique et solitaire guichet... Toujours optimiste, je me dis qu'il s'agit peut-être d'un groupe solidaire venu accompagner une personne au guichet (!), mais quelques minutes d'attente me font comprendre que, non, chaque personne est bien toute seule!! Une heure, donc, d'attente, qui voit défiler une petite dizaine de personnes: tiens, la danse de Poussinette est finie, j'ai perdu ma matinée et n'ai toujours pas mon papier!

Etape 3: En Maman vraiment super motivée, j'avance le réveil ce matin, saute du lit (brrr! Il fait froid!), habille les enfants en un tour de main et pars dans la nuit et sous la pluie (quel courage!!) pour être à 7h20 à la sécu, histoire d'être la première!!! Oui, hourra, je suis la première!... Mais je suis tellement la première, que l'ordinateur non plus ne s'est pas encore levé... et refuse de marcher et d'éditer les papiers (je vous jure que cela n'est pas une blague!...) Le "Monsieur-de-la-sécu" que j'ai face à moi m'invite à revenir plus tard, quand l'appareil voudra bien mettre de la bonne volonté... Je me mets rarement en colère... mais j'avoue être un peu sortie de mes gonds!... N'y a-t-il pas moyen de le réparer votre f.... engin? N'y a-t-il pas d'autre ordinateur dans cette maison? Et bien, non! Cela ne relève pas de sa compétence de réparer son logiciel, donc il faudra revenir! Je rêve que moi aussi, un matin, mon manuel de français refuse de s'ouvrir et que je puisse dire aux élèves: "Je suis désolée, le manuel ne s'ouvre pas, revenez demain"!!...

Etape 4: J'arrive enfin à avoir mon bon: yes!!! A midi, je fonce chercher les enfants à l'école. Sanglots de Poussinette: "Je ne veux pas de piqûre"!! J'explique patiemment que cette piqûre ne fait même pas mal, enfin presque pas, et que surtout après on n'aura pas "la vilaine grippe qui fatigue tant"! Petit Bonhomme dit que lui, il n'aura même pas mal et que même il aime beaucoup les piqûres! (euh...) Sandwiches dans la voiture; Nous fonçons au centre le plus proche qui nous a été attribué, c'est à dire à 1/2h en voiture (vive les grandes villes et les embouteillages!). Impossible de se garer... Ouf, une place! C'est à 10 min à pied, sous la pluie battante! Les enfants sont trempés, Petit Bonhomme saute dans une flaque et asperge Poussinette qui hurle, j'essaie d'abriter tant bien que mal Choupinette dans sa poussette, qui, en bonne marseillaise, n'apprécie que modérément la pluie et commence à avoir faim! "Courage, les enfants, distribution de Choupa Chup's à la sortie!". On arrive enfin devant le centre... petit panneau accroché: "Le centre de vaccination sera exceptionnellement fermé aujourd'hui"! Aaaargh!! je frôle l'arrêt cardiaque!

Etape 5: Je  vous assure je suis VRAIMENT une maman super motivée!!! J'appelle mon Chéri qui m'indique un autre centre qui ouvre à 14h... Retour à la voiture, on s'essuie comme on peut, chauffage à fond, et c'est reparti pour traverser la ville dans l'autre sens!! Poussinette pleure toujours: "Je veux la piqûre! je ne veux pas "la-vilaine-grippe-qui-fatigue-beaucoup" (j'ai bien fait de parler, moi encore!), Petit bonhomme se veut toujours aussi rassurant "Même pas peur moi de la grippe!", et Choupinette suce son pouce frénétiquement en attente d'un hypothétique repas!

Etape 6: Nous arrivons à l'autre centre de vaccination... Re-parking, re-poussette, re-marche... et 75 personnes devant nous qui font la queue sur le trottoir!!! Je prends des renseignements: il n'y a qu'un médecin, des "prioritaires" sont en train de passer d'abord (et moi, je ne suis pas prioritaire, avec mes trois gosses, ma motiviation d'enfer qui est en train de fondre comme neige au soleil (!) et ma course poursuite à travers la ville et la bureaucratie française?!!) et la pluie qui continue à tomber et va finir par donner un rhume de folie à mes loupiots si je reste ici...

Etape 7: Cette fois, c'est bel et bien la fin de l'aventure! je fais demi-tour, sans vaccin...  Retour à la maison, distribution de Chupa Chup's quand même, parce qu'ils ont été vraiment sympas de passer 2h en voiture ou sous la pluie sans rien (trop) dire... Un bon petit repas pour Choupinette qui n'en croit pas ses yeux... et tout le monde à la sieste,... et Maman sur "Mots et Mets"!!

Le mot de la fin pour Petit Bonhomme, mon poète philosophe, en rentrant à la maison: "Quand même, ces gens-là, ils font pas des choses terribles pour l'organisation, hein, Maman?"... Il a trois ans....

Bien à vous!

Posté par Hele Helde à 14:50 - - Commentaires [4] - Permalien [#]