30 juin 2017

Idées de lecture!

Il y a bien longtemps que je n'ai plus partagé avec vous quelques-unes de mes lectures... Vous cherchez des livres pour l'été? Voilà quelques pistes!

 

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

La narratrice, écrivain à succès, traverse une période difficile dans l'écriture de son nouveau roman. Elle rencontre alors L., personnage mystérieux, avec laquelle elle devient rapidement amie. L. va envahir sa vie, petit à petit, finissant par habiter chez elle, répondre à ses courriers, jusqu'à usurper presque totalement son identité. Jusqu'où cela peut-il aller? Un thriller psychologique, de nombreuses fois primé, qui laisse planer jusqu'au bout l'ambiguïté et propose une jolie réflexion sur la création littéraire.

"Je sais que L. est quelque part, pas si loin. Elle se tient à distance. Je sais qu'un jour elle reviendra." (p.477)

 

Parle mon fils, parle à ta mère de Leïla Sebbar

Une discussion entre une mère arabe qui vit recluse dans une cité de la banlieue parisienne et son fils devenu homme, qui est passé boire le thé et embrasser sa mère. C'est surtout la mère qui parle, qui raconte son quotidien, quelques souvenirs du passé, le rôle des filles dans la société,... Un roman remarquablement bien écrit.

 "J'ai tout lu, toutes les nuits, et quelques fois, mais je ne t'ai jamais dit, j'avais lu celles que tu me racontais le soir... J'aimais encore plus parce que ce n'était pas pareil avec ta voix et les mots en arabe, c'était beau..." (p.41)

"La mère revient. Il est debout. Elle le regarde, s'approche de lui sans le toucher, elle lui dit: "Ecoute, mon fils, écoute ce que je dis, mon fils, écoute-moi bien, tu es beau, tu es peut-être le plus beau, c'est vrai, mais n'oublie pas, tu as une âme". (p.96)

 

Quant au riche avenir de Marie Ndiaye

Le récit d'un morceau de vie d'un adolescent, appelé Z, qui, orphelin, vit chez Tante, et tombe amoureux d'une jeune fille futile. On suit les pensées et digressions de Z, fluctuantes.

Le jour venu, le jeune Z s'habillait avec soin, il savait que son amie attachait une importance extrême à l'apparence. S'il s'agissait là d'une particularité que le jeune Z d'un naturel tolérant (...) eût préféré voir absente de son caractère, il l'acceptait toutefois, en vertu de cette même tolérance, et choisissait les éléments de sa toilettes de telle sorte qu'aucun ne la heurtât." (p.24)

 

Alabam Song de Gilles Leroy

La vie de Zelda Fitzgerald, racontée de façon saccadée, comme si on était dans la tête de Zelda. Tourbillon de fêtes comme de déceptions, brûlures de l'alcool et de la drogue. Un roman âpre et fort.

"Oh! Le silence! Le silence des interstices! Le grand blanc qui s'immisce et vient panser d'ouate et d'éther la fêlure de nos têtes." (p.25) 

Bonne lecture à tous!

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14 janvier 2017

Il fait froid?... Lisez!!!

Avec la vague de (très) grand froid qui s'est abattue sur notre pays ces derniers jours, rien ne vaut de rester chez soi, calfeutré, avec un bon bouquin pendant que dehors neige et vent se déchaînent... Vous êtes en panne d'idées? Voici quelques-unes de mes dernières lectures!

Jours tranquilles, brèves rencontres d'Eve Babitz

Le livre est construit autour de scènes croquées sur la côte ouest des Etats-Unis: un acteur qui fuit les studios le temps d'un match de base-ball, une starlette qui déteste sa célébrité, une grande villa remplie de luxe, d'alcool et de solitude,... Une très jolie écriture, légère et pétillante, qui sait mêler tragédie et ironie mordante.

"Je ne suis pas devnue célèbre, mais je m'en suis suffisamment approchée pour sentir les relents du succès. Ca sentait le tissu cramé et les gardénias rances, et j'ai compris que ce qu'il y avait de véritablement affreux avec le succès est qu'il ait représenté pendant toutes ces années ce qui viendrait tout arranger" (p.77).

Le sumo qui ne pouvait pas grossir d'Eric Emmanuel Schmitt

Jun est un adolescent en révolte qui rejette le monde entier. Il vit dans la rue où il est repéré un jour par Shomintsu, un maître du sumo, qui décèle un "gros" en lui. Petit à petit, Jun va se laisser captiver par cet univers dans lequel il va découvrir un vrai art de vivre et une philosophie de la sagesse. Grâce à cette rencontre, s'entrouvre un avenir...

"Alors que j'étais maigre, long, plat, Shomintsu s'exclamait en passant devant moi: Je vois un gros en toi!

Exaspérant! De face, j'avais l'air d'une peau de hareng séchée sur des bois d'allumette; de pofil... on ne pouvait pas me voir de profil, je n'avais été conçu qu'en deux dimensions." (p.1)

Incendies de Wadji Mouawad

Les jumeaux Jeanne et Simon apprennent, au décès de leur mère, qu'ils ont encore leur père qu'ils ne connaissent pas, ainsi qu'un frère, dont ils ignoraient l'existence. Ces révélations les plongent subitement dans de noirs secrets de famille au coeur des violences de la guerre du Liban. Leur enquête va les conduire à contempler l'horreur dans ce qu'elle a de plus sombre...Une pièce de théâtre brûlante, fascinante, mais à éviter pour les âmes sensibles!

"Lorsqu'on vous demandera votre histoire, dites que votre histoire, son origine, remonte au jour où une jeune fille revint à son village natal pour y graver  le nom de sa grand-mère Nazira sur sa tombe. Là commence l'histoire." (p.132)

" L'enfance est un couteau planté dans la gorge et tu as su le retirer. A présent, il faut avaler sa salive." (p.130)

Et vous, quelles sont vos dernières lectures?

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21 septembre 2016

Et si on lisait?!...

L'avantage, avec les vacances, c'est qu'on a plein de temps pour bouquiner... Oui, mais... ce ne sont plus les vacances!

Tant pis, il faut faire semblant et se garder encore du temps pour lire, lire, lire! 

A la recherche d'idées?... Voici quelques-unes de mes dernières lectures, certaines guidées par vos gentils messages et conseils! Merci, je suis toujours preneuse de ce genre d'avis!

La femme de nos vies de Didier Van Cauwelaert

Un jeune adolescent est interné dans un centre pour jeunes "déficients mentaux" dans l'Allemagne nazie de 1942. Il devient ami avec David, un jeune juif surdoué. Mais voilà qu'Hitler demande l'élimination de tous les jeunes du centre. Arrive alors une étonnante jeune femme, Ilsa Schaffner. Elle a le droit de sauver un enfant du centre, un seul...

Extrait: "Pour arrêter la barbarie, il n'y a que l'intelligence. La connaissance de la vraie réalité du monde. La raison profonde de la vie. Le secret qu'on a découvert, ma mère et moi. Le secret qui arrête les guerres. Il est à toi, maintenant. Tout est dans le livre. Dans le texte et dans les notes. (...) Pour l'instant, ils ne s'intéressent qu'à la bombe. La bombe atomique qu'Albert Einstein est en train de mettre au point. (...) Alors tu vas leur donner ce qu'ils attendent. Leur faire croire que c'est ça, ton secret. La fission de l'uranium." (p.46)

Le collier rouge de Jean - Christophe Ruffin

Dans une petite ville de province, un héros de la guerre est retenu prisonnier dans une réserve secrète. Devant la porte, un vieux chien aboie nuit et jour, à tel point qu'un juge va venir s'entretenir avec l'homme: qui est ce chien? Pourquoi lui est-il autant attaché? Un beau roman avec une puissante réflexion sur la notion d'honneur.

Extrait: "Pendant ma permission, j'ai beaucoup lu. La guerre m'avait changé. Je n'imaginais pas que tout cela pouvait exister. (...) Il fallait que je trouve des réponses. Je voulais savoir ce que d'autres avaient pu comprendre de la guerre, de la société, de l'armée, du pouvoir, de l'argent, de toutes ces choses que je découvrais." (p.109)

La place d'Annie Ernaux

La narratrice raconte la mort, puis l'enterrement de son père. A partir de là, elle dresse un portrait, tout en esquisses et suggestions, de la France travailleuse et populaire et se demande pourquoi, étant devenue professeur de français, elle peine à trouver sa place entre sa famille où elle ne se reconnaît pas et son nouveau foyer bourgeois où elle se sent étrangère. Des scènes juste saisies, entre émotion et simple peinture... 

Extrait: " On se fait photographier avec ce qu'on est fier de posséder, le commerce, le vélo, plus tard la 4 CV, sur le toit de laquelle il appuie une main" (p.39). "Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans une langue châtiée, j'avais l'impression de me jeter dans le vide." (p.44).

Bonnes lectures!

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03 février 2016

Des livres! Des livres!

 

Les vacances approchent à grands pas! Peut-être cherchez-vous un bon bouquin à emmener sur les pistes ou à savourer au chaud, blotti devant un feu de bois? Et pour ceux qui n'ont pas de congés, pas de souci: lire après une grosse journée de travail est le meilleur délassement! 

Voici donc quelques-unes de mes dernières lectures...

 

Le joueur d'échecs de Stéfan Zweig

En 1941, le narrateur, à bord d'un paquebot, assiste à la rencontre entre le champion du monde d'échecs et un mystérieux joueur qui est le seul à réussir à le battre, mais semble pourtant très malheureux de jouer. Le narrateur va découvrir l'effroyable histoire de ce joueur. Par le biais de cette fiction, Zweig dénonce toute l'horreur de la barbarie nazie.

Extrait: "Mais, si dépourvues de matière qu'elle paraissent, les pensées ont aussi besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle." (p.56)

Vingt-quatre heures d'une femme sensible de Constance de Salm

Ce roman épistolaire raconte 24h de la vie d'une femme qui se croit trahie par son amant. Durant un jour et une nuit, elle lui écrit sans cesse, passant par toutes les étapes de l'amour et de la haine. Ce roman devient ainsi un vrai traité de la jalousie et de toutes ses subtilités.

Extrait: "C'en est fait! Tout est perdu cette fois: amour, honneur, tout... Le coup a été affreux; mais il est un bienfait du Ciel: il m'a rendue à moi-même, j'ai retrouvé tout mon courage". (p.107)

L'ignorance de Milan Kundera

Il est toujours très difficile de résumer un roman de Kundera! Disons qu'il y est question de destins croisés, d'émigration entre Paris et Prague, de savoir trouver sa place (ou pas) dans un pays, une famille. Et enfin de personnages marquants comme Josef et Iréna, et celui, ironiquement tragique, de Milada.

Extrait: Ca n'a aucun sens de leur raconter tout cela. Récemment encore tout le monde se disputait, chacun voulant prouver qu'il avait souffert plus que l'autre sous l'ancien régime. Tout le monde voulait être reconnu victime. Mais ces compétitions de souffrance sont terminées. Aujourd'hui, on se vante du succès, pas de la souffrance. Si on est prêt à te respecter, ce n'est pas pour ta vie difficile, mais parce qu'on te voit avec un homme riche à tes côtés." (p.43)

Et vous, avez-vous des livres à me conseiller?

 

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16 septembre 2015

Idées de lecture!

J'ai eu la grande chance, cet été, de pouvoir passer beaucoup de temps à bouquiner! Si vous cherchez des idées de lectures, voici quelques titres qui m'ont  particulièrement marquée.

L'immeuble Yacoubian de Alla El Aswany

Le narrateur raconte le destin croisé d'une dizaine d'occupants de l'immeuble Yacoubian et brosse ainsi, en filigrane, le portrait d'une Egypte plurielle et en pleine mutation. On y voit aussi la montée des intégrismes religieux et l'auteur tente, par le biais de la petite histoire des destins individuels, de comprendre un peu mieux la grande histoire.

Extrait: "Il faudrait être un artiste de grand talent pour peindre le visage d'une femme de la terrasse, le vendredi matin, quand son mari descend prier et qu'elle se lave des traces de l'amour, puis sort sur la terrasse pour étendre les draps qu'elle vient de nettoyer. A ce moment-là, avec ses cheveux humides, sa peau éclatante, son regard serein, elle apparaît comme une rose mouillée par la rosée du matin qui vient de s'ouvrir et de s'épanouir". (p.25)

Ravel de Jean Echenoz

Le roman raconte les dix dernières années de la vie du compositeur Ravel. Echenonz possède toujours ce style remarquable et inimitable, cette écriture à la fois distanciée et précise. Mais ce n'est pas, pour moi, son meilleur roman.

Extrait: " Voilà: il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne. (...) Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, voilà au moins, dit-il un morceaux que les orchestres du dimanche n'auront pas le front d'inscrire à leur programme. (...) Tu vois, lui dit Ravel, c'est là l'usine du Boléro" (p.79)

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

Dans un petit village des Pouilles, Montepuccio, la famille Scorta, par ses origines scandaleuses, vit au ban de la société et se construit autour de l'amour de la famille et d'un lourd secret qui se transmet de génération en génération. Rocco et ses enfants, Doménico, Giuseppe et Carmela, vont bâtir une dynastie, sans jamais beaucoup d'argent, dans une vie rude, éclairée de rares moments de fête et de lumière. Un roman solaire, captivant, à l'écriture magistrale. C'est mon coup de coeur absolu de l'été!

Extrait: "La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait de douleur. (...) Il était deux heures de l'après-midi, et la terre était condamnée à brûler. Sur un chemin de poussière, un âne avançait lentement. (...) Rien ne venait à bout de son obstination. Ni l'air brûlant qu'il respirait. Ni les rocailles pointures sur lesquelles ses sabots s'abimaient. Il avançait. Et son cavalier semblait une ombre condamnée à un châtiment antique." (p.11)

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12 février 2015

Quelques idées de lecture...

Dans mon dernier article (Petites têtes sablées au chocolat), j'évoquais de belles heures de lecture hivernales... Voilà longtemps que je n'ai plus partagé avec vous quelques-uns de mes derniers livres coup de coeur... Je me rattrape donc aujourd'hui! Et vous, avez-vous des plaisirs lecture à me partager?

Le dit de Tian-Yi  de François Cheng

Tian-Yi a vécu l'avant-guerre dans une Chine en plein bouillonnement... Son enfance est paisible, au pied d'une superbe montagne, entre des parents aimants. Il va rencontrer, encore jeune, Yumei, celle qu'il appellera toute sa vie "l'Amante". Mais voilà qu'il lui faut partir en pensionnat: rudes années, éclairées heureusement par la rencontre de "l'Ami", Haolang. Tian-Yi devient peintre et tâche de réunir l'Ami et l'Amante. C'est alors q'un drame terrible va les séparer... Tian-Yi part alors en Occident. Des années plus tard, il rentre en Chine et retrouve Yumei et Haolang, emportés par l'histoire, dans le tourbillon de la révolution culturelle...

Un des plus beaux romans que j'aie jamais lus (c'est dire!). Une écriture lumineuse, dense, foisonnante, au service d'une histoire envoûtante...

 

Galadio de Didier Daeninckx

Allemagne, années 30. Ulrich est un adolescent comme les autres, sauf que son père était un tirailleur sénégalais, venu passer quelques jours en 1921, et vite reparti laissant sa mère enceinte... Mais voilà qu'Hitler prend le pouvoir et se met à traquer ceux qui représentent "la honte noire". Ulrich est poursuivi et arrêté, mais, par un hasard extraordinaire, va connaître un destin différent qui le conduira de plateaux de cinéma pour la propagande nazie jusqu'en Afrique, sur les traces de son père.

Un beau roman qui dénonce un aspect de la barbarie nazie trop souvent occulté. J'ai cependant regretté certains passages trop elliptiques, notamment lors du voyage d'Ulrich en Afrique.

Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis

L'histoire se passe dans la préhistoire, au temps des pithécanthropes. Le père du narrateur aspire à une évolution rapide de l'homme et cherche quotidiennement le progrès: il va ramener le feu à la tribu, apprendre à cuire la viande, etc...  Tout autour gravitent les membres de la famille: l'oncle, réfractaire à toute forme de progrès, les enfants, sceptiques devant les trouvailles de leur père, etc... Jusqu'au jour où un grand incendie se déclare...

Un roman remarquable, qui fait autant rire que réfléchir. La grande question qui sous-tend le roman est: le progrès est-il bon pour l'homme? Et surtout, qu'en faisons-nous? Un roman que tout le monde devrait avoir lu au moins une fois dans sa vie!

Bonnes lectures à tous!

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10 mars 2009

Lectures février-mars

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Merci, Déborah, de toujours m'encourager à écrire sur ce blog... et à partager mes dernières lectures en cours!

Pour moi qui aime tant lire, lire et lire, il y a une sorte de pudeur à parler des derniers moments bonheurs partagés dans les pages des romans dévorés...

Et surtout, je ne suis pas critique littéraire, loin de là!

Mais, c'est vrai, j'aime aussi découvrir des bonheurs lecture sur les blogs que je visite... alors, à votre tour, si vous cherchez dans les rayons d'une bibliothèque ou d'une librairie quoi lire dans les temps prochains, qui sait?, peut-être un des titres suivants attirera-t-il votre attention... Après tout, la littérature n'est-elle pas la première richesse à partager?

Allons, trêve de verbiage! Voilà quelques-uns des titres lus ces dernières semaines (vous le verrez, c'est assez éclectique!):

- Cosmopolis de Don Delillo:

Nous partageons une journée du multimilliardaire, Eric Packer, qui sillonne la ville de New-York depuis sa limousine. Choses, gens, rues défilent, tandis que la bourse, support de l'empire d'Eric, crée une surprise sans précédent autour du yen qui s'envole.

Un roman froid, métallique, d'une noirceau extrême. Une vision de New-York âpre et sombre. Une écriture sublime et difficile, poétique et tranchante. Don Delillo est un des meilleurs auteurs américains contemporains. A ne pas conseiller aux âmes sensibles ou à la recherche d'un roman "narratif"!

- Quelque part dans le monde et Quand ce jour viendra de Claude Michelet

Aux antipodes du précédent!

Au début du siècle, Sylvestre Neyrat quitte à 17 ans sa petite ville de Tulle et le commerce familial, pour "monter" à Paris où il espère un avenir meilleur. Les petits métiers s'enchaînent: colporteur à travers la Corrèze paysanne, employé chez Félix Pottin,... jusqu'à découvrir le monde fascinant de l'entreprise Pathé et du cinéma. Il devient alors un des premiers grands reporters de cinéma, et part pour l'Amérique: canal de Panama, les grands lacs, le Chili,... Tout ce monde nouveau qu'il découvre l'éblouit. Puis il se prend de passion pour l'aviation et suit les premiers vols des frères Wright.

Dans le 2ème tome, Sylvestre continue sa vie passionnante de reporter, aux premières loges des évènements importants du siècle, lorsque la 1ère guerre mondiale éclate. Le voilà sur le front, puis prisonnier, pris dans la tourmente des évènements tragiques européens.

Bien sûr, à ces aventures, se mêle une belle histoire d'amour partagée avec une jeune aventurière, intrépide voyageuse, avec qui il promet de se retrouver toujours "quelque part dans le monde".

Ce n'est pas un grand texte littéraire, bien sûr, mais l'écriture est souple, plaisante, agile. Les péripéties sont bien menées et on se prend à suivre avec intérêt les aventures du jeune héros. Et surtout, il est passionnant de découvrir une période fascinante, pas toujours bien connue (pour moi, en tous cas!), mais riche en rebondissements et en progrès. Le point de vue sur l'Europe depuis les Etats-Unis est particulièrement intéressant, ainsi que l'histoire du cinéma qui se met en place.

- Louis XIV (2 tomes) de Max Gallo

La vie du roi Soleil, de sa naissance à sa mort, en passant par tout le faste de Versailles.

Euh, bon... que dire? Avide de romans historiques, je n'ai absolument pas aimé ce roman. La plume de Max Gallo est lourde, emphatique, redondante. Je m'y suis prodigieusement ennuyée, bien qu'intéressée par le sujet. Quel dommage!...

(D'ailleurs, si vous cherchez un fabuleux roman historique à lire, je ne peux que vous conseiller la merveilleuse série "Fortune de France" de Robert Merle. Bien sûr, il faut du temps devant soi pour dévorer les 14 tomes de la série, mais quel bonheur! Une écriture vive, alerte, une grande précision historique, aucun pédantisme, mais beaucoup d'esprit,... Bref, à lire à tout prix!)

- Moi, Milanollo, fils de Stradivarius de Jean Diwo

L'histoire d'un violon sorti des mains du plus grand luthier de tous les temps, Stradivarius, et son parcours, du 18ème siècle à nos jours, en passant par les mains des plus grands violonistes.

Un texte très intéressant, qui fait voyager au coeur de la musique et de l'histoire. Le texte est écrit du point de vue du violon, idée pertinente qui permet de mieux se plonger au coeur de la vie artiste. J'ai néanmoins regretté le style souvent négligé de certaines pages, les quelques répétitions et longueurs. A lire plutôt comme un bon documentaire romancé.

- Solal d'Albert Cohen

Solal, jeune homme juif de Céphalonie, séduit et enlève la jeune épouse du consul. Ils s'enfuient en France, mais se perdent. Solal, après quelques errances, rencontre et épouse Aude, la fille du premier ministre. Ambitieux, opportuniste, il accède aux hauts postes dans la politique, mais son passé et son enfance le rejoignent en la personne de son oncle, le truculent et pathétique Saltiel. Solal se retrouve pris entre deux mondes, le monde chrétien de son épouse et le monde juif de ses racines. Déchiré et exalté, quel choix posera-t-il?

Cette lecture a été mon grand coup de foudre de ces derniers temps. Honte à moi, mais je n'avais encore jamais ouvert une seule page d'A. Cohen. Ce roman est une merveille d'écriture, d'ironie, de force, de flamboiement et de retenue... Je ne peux que la conseiller très vivement à ceux qui aime le foisonnement, le baroque. Quant à moi, je vais m'empresser de dénicher quelque part "Belle du Seigneur" pour me replonger dans cette écriture magistrale!

- Le spectre de la rue St Jacques de J. Contrucci

Nous sommes en 1906. Un cadavre est retrouvé dans la belle propriété des Castellain, famille de notables marseillais. Aussitôt, le jeune journaliste Raoul Signoret, aidé de son oncle, chef de la police, Eugène Baruteau, part sur la trace de l'assassin...

Ce n'est pas un grand roman policier, mais j'ai pris un grand plaisir à lire ce roman qui se laisse dévorer en quelques heures. Le style est alerte, vif, malgré quelques "lourdeurs" répétitives dans les scènes entre neveu et oncle. A conseiller surtout aux marseillais, car le roman abonde en renseignements passionnants sur Marseille, ses quartiers, ses rues, le tout habilement disséminé, sans pédantisme aucun.

Ouf! J'ai encore quelques ouvrages dont je pourrai vous parler... mais je crois que mon article est bien trop long! Et surtout j'aimerais garder quelques minutes pour commencer "Sur la route" de J. Kerouac avant que Petit bonhomme ne se réveille de sa sieste! Promis, je vous en parle très bientôt!

Je vous souhaite une excellente journée... et beaucoup de plaisir de lectures!

Au plaisir de vous lire!

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