Quelques idées de lectures pour accompagner les belles journées ensoleillées qui s'ouvrent à nous...

L'élégance du hérisson de Muriel Barbery

Les récits parallèles de Renée, concierge surdouée - mais qui le cache! - dans un immeuble habité par la grande bourgeoisie parisienne, et de Paloma, jeune adolescente, fille d'un ancien ministre, qui habite dans le même immeuble. On voit se croiser différents personnages et notamment le nouveau propriétaire de l'immeuble, le mystérieux Kakuro Ozu. Les gens se croisent, des liens se nouent, des drames se jouent, des rencontres se vivent.

"L'éternité, cet invisible que nous regardons." (p.272)

"Je penche doucement la tête, je songe au camélia sur la mousse du temple, à une tasse de thé tandis que le vent, au-dehors, caresse les frondaisons, la vie qui s'enfuit se fige en un  joyau sans lendemain ni projets, le destin des hommes, sauvé de la pâle succession des jours, s'auréole enfin de lumière et dépassant le temps, embrase mon coeur quiet." (p.111)

Camarades de classe  de Didier Daenicks

Dominique et François forment un couple qui approche la soixantaine. François est miné par la perspective d'un licenciement. Un jour arrivent des messages d'anciens camarades de classe. Dominique répond à la place de son mari. Surgissent alors des souvenirs de l'ancien temps, marqué par mai 68, le communisme,... Mais un jour apparaît un mystérieux Armhur Tarpin qui pousse les uns et les autres vers les zones sombres de leur jeunesse jusqu'au dénouement, surprenant.

"La famille n'était pas présente, physiquement, mais elle faisait traîner ses chaînes. C'est aussi comme ça que je me revoyais, étoile éteinte d'une jeunesse gênée aux entournures." (p.15)

La nuit de Valognes d'Eric Emmanuel Schmitt

Quatre femmes se retrouvent, menées par la duchesse de Vaubricourt, afin de se venger une fois pour toutes, de Don Juan qui les a jadis bafouées. La punition? Le forcer à épouser Angélique, sa dernière victime. Mais le Don Juan qui apparaît n'est plus tout à fait le même...

"Ni un saint, ni un héros, Don Juan, ne vous leurrez pas, mais un escroc, un petit escroc de l'amour." (II,3)

"Une ombre, ça ne vous appartient pas, c'est la lumière qui vous la donne." (III,6)

Eldorado de Laurent Gaudé

Le commandant Piracci a pour mission de sillonner les mers à la recherche de clandestins afin de les sauver de la noyade si nécessaire. Il se rend peu à peu compte qu'il brise des rêves humains profonds... Un jour, en recueillant une jeune femme, Piracci lâche subitement tout et prend lui aussi la mer, refusant le monde dans lequel il vit. En parallèle, un jeune africain quitte son frère bien aimé et son pays pour tenter de trouver l'Eldorado en Europe... Un des romans les plus forts et les plus bouleversants qu'il m'ait été donné de lire ces derniers temps. 

"Il repensait à son visage. Il y avait en elle une beauté solide et dure, la beauté de ceux qui ont  décidé leur route et s'y tiennent, la beauté que confère au regard la volonté. (...) Il se sentait vide par rapport à elle. D'un vide confortable qui le dégoûtait." (p.40)

" Il ne fallait pas renoncer au voyage. L'Eldorado. (...) Il avait lu ce mot sur les livres. (...) Il leur dit de partir, sans attendre, à l'assaut des frontières. De tenter leur chance avec rage et obstination. Que des terres lointaines les attendaient. Oui, c'est cela qu'il murmura à la poussière. Que l'Eldorado était là. Et qu'il n'était pas de mer que l'homme ne puisse traverser." (p.219)

Bonnes lectures à tous!