Mon précédent article (Les baguettes magiques au chocolat) m'a fait penser à cette jolie chanson d'Yves Duteil que j'écoutais enfant.

J'aime la douceur et la poésie avec laquelle Duteil évoque les contes murmurés à son enfant, le soir, pour qu'il s'endorme "plein de rêves et de souvenirs", j'aime la tendre nostalgie qui lui fait évoquer le temps qui passe et les fées qui fuient... Et si d'aucuns trouvent cela un peu mièvre, qu'ils se souviennent de leurs contes d'enfants et des promesses qu'ils portaient et les faisaient grandir...

(Illustration: Une célèbre gravure de Gustave Doré, pour le conte "Les fées" de Charles Perrault)

1312392-Gustave_Doré_les_Contes_de_Perrault

 

Tu ne pouvais jamais dormir
Sans que j´invente pour ton plaisir
Des histoires de magiciens qui font tout avec rien,
Et j´inventais, pour que tu dormes,
Dans la chambre, les soirs de pluie,
Des crocodiles en haut-de-forme
Et des grenouilles en queue-de-pie,
Et des fées à n´en plus finir. {2x}

Y avait la fée aux yeux mauves
Que l´on regarde et qui se sauve,
Et la fée des vents de la nuit
Que l´on appelle mais qui s´enfuit,
Et puis la fée dans la lagune
Qui s´amuse à couper la lune
En milliers de petits morceaux,
Et qui les fait danser sur l´eau.
Et quant à la fée Carabosse,
Elle t´emportait dans son carrosse,
Et tu fouettais les cent chevaux
Jusqu´à la mer au grand galop.
C´est alors que tu t´endormais.
Moi, doucement je m´en allais
Bercer mon cœur de ton sourire
Plein de rêves et de souvenirs,
Et des fées à n´en plus finir. {2x}

Puis, un jour tu as dû grandir,
Toutes les fées ont dû partir,
Avec elles les magiciens
Qui font tout avec rien.
Mais depuis, pour que je m´endorme
Dans la chambre, les soirs de pluie,
Quand les nuits sont trop monotones,
Je repense à nos jours enfuis,
Et les fées à n´en plus finir
Se rappellent à mon souvenir.

Yves Duteil